Pourquoi je ne voterai pas Estrosi pour « faire barrage au FN »

Suite à ce premier tour des élections régionales, nous apprenons dans la région Provence Alpes Côté d’Azur que le deuxième tour se jouera entre Christian Estrosi pour Les Républicains, et Marion Maréchal Le Pen pour le Front National. Aucune liste de gauche ne se maintient. Autrement dit, le choix se porte sur la peste, ou le choléra. Je n’aime pas trop cette expression qu’on nous sert à toutes les sauces, mais j’ai vraiment du mal à en trouver une autre. Les mots me manquent depuis hier soir, ou du moins, il ne me reste que les plus vulgaires, ceux que l’on dit par colère, dégoût, résignation… On s’attendait à une défaite, à de mauvais scores, à un effondrement de la gauche. Mais la claque fait toujours mal, même quand on la voit venir. Et finalement encore plus quand on se rend compte qu’on n’a pas su l’éviter.

Pendant une semaine, beaucoup de personnes votant habituellement à gauche, vont se demander s’il ne vaudrait pas mieux voter pour Estrosi pour faire barrage au FN, pour empêcher ce dernier de diriger la région. J’ai été la cible des militants du FN et autres groupuscules d’extrême droite pendant un long moment, et pourtant, je n’hésiterai pas une seconde à ne pas donner ma voix à Estrosi. En voici quelques raisons :

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui fait de la sécurité, la priorité numéro 1 de son programme, notamment en y consacrant un budget de 250 millions d’euro.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui veut donner plus de pouvoirs à la police municipale, notamment celui de contrôler (arbitrairement) les identités.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui prône la vidéo-surveillance en temps réel, et veut la mettre en place dans toutes les TER, gares, et lycées, pour quelqu’un qui veut la création d’une police régionale des transports, et des portiques de sécurité dans toutes les gares.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui épiera tous nos faits et gestes, dans les lieux publics, ou sur internet.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui ose parler de la « restriction de certaines libertés ».

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui, par la mise en place d’un pacte de sécurité, milite pour la déchéance de la nationalité.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui déclare que le port du voile doit être un délit, et qu’en cas de récidive, il faut suspendre le versement des allocations familiales aux personnes qui le portent.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui déclare que la consultation régulière de sites djihadistes ou de site préparation de participation à entreprise terroriste doit devenir un délit.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui parle de « cinquième colonne islamiste », et de guerre de civilisation, ou troisième guerre mondiale, entre judéo-chrétiens et islamistes.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui piétine la laïcité, et défend avant tout les « traditions » judéo-chrétiennes.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui imposerait aux jeunes déscolarisés le service militaire.

Je ne voterai pas pour quelqu’un qui veut réduire le nombre d’employés à la Région, sous prétexte d’économies de fonctionnement.

Etc…

En clair, je ne voterai pas pour quelqu’un qui défend des idées d’extrême droite sous une étiquette plus propre, plus « Républicaine ».

J’ai peur du fascisme, mais je ne pense pas que ce soit en votant Estrosi qu’on lui fera barrage.

Je voterai donc blanc au second tour des élections régionales dimanche prochain.

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L’abstention n’aura pas ma voix !

A quelques jours à peine du premier tour des élections présidentielles, je tenais à écrire un article de blog. Non pas pour vous convaincre de voter Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), rassurez-vous, certain-e-s camarades le font assez bien comme ça ! Non, je voulais m’adresser à celles et ceux qui pourraient ne pas aller voter…

Selon moi, il est important de différencier l’abstention et le vote blanc. Lors d’une élection, les personnes qui votent blanc sont généralement celles qui n’ont pas trouvé un candidat qui représente leurs idées. Cela ne veut pas pour autant dire qu’ils se moquent des élections. Bien au contraire ! Ceux-ci se sentent concernés par la politique, l’actualité, mais ont été déçus, sont désespérés… et décident alors de montrer leur mécontentement par ce fameux « vote blanc ». En revanche, les abstentionnistes sont de l’avis que le système actuel ne peut répondre aux attentes de l’individu et n’est donc pas satisfaisant. Le refus de voter est donc un acte politique. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de comptabiliser les votes blancs comme votes à part entière, afin de ne pas les confondre avec les « non votants ». C’est déjà le cas dans des pays comme la Suisse, l’Espagne, la Suède,… Cependant, l’abstention involontaire ne représente que 10% environ de l’abstention. Cela montre bien que ce n’est pas majoritairement un problème d’information…

Ceci dit, il n’est pas trop tard ! Il est encore temps de réfléchir et de changer d’avis. Non, penser que voter ne sert à rien est une erreur ! « Si tu ne t’occupes pas de politique, la politique s’occupe toujours de toi » ! Tout est dit ! Il est vrai que jusqu’à maintenant, les différents gouvernements en place n’ont jamais vraiment écouté ce que voulait le peuple. Les grèves, les manifestations, et autres actes de résistance n’y ont rien fait. Surtout ces cinq dernières années. Peut-être ai-je cette impression car j’étais trop petite avant pour m’en rendre compte… Mais peu importe. Le vote électoral reste une façon de s’exprimer, il est un outil. Grâce à lui, nous pouvons dire « stop ! » à la politique actuelle, ou alors l’approuver en votant pour le candidat sortant. Alors, oui, il est vrai qu’aucun candidat n’est parfait, mais je pense qu’il y a forcément des valeurs communes, des idées que l’on partage avec tel ou tel candidat, et non avec d’autres. C’est donc un vote par élimination… Mais malheureusement, tant que le vote blanc ne sera pas comptabilisé, je ne vois pas d’autre solution. Nous n’avons rien à gagner à nous abstenir. C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de m’engager. Pour ma part, je voterai donc, à votre grand étonnement je le sais, Jean-Luc Mélenchon. Et au second tour aussi, soyons fous !