Communiqué : le choix suicidaire du gouvernement

Par Arthur Morenas, Didier Thévenieau, Mathieu Agostini, Corinne Morel Darleux, et Julie Del Papa.

Le Journal du Dimanche a annoncé que l’État avait pris la décision de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Pour l’instant, le Ministre de l’Économie dément que la décision ait été prise mais confirme que ce choix est discuté à la demande d’EDF. Si ce choix de prolonger de 10 ans l’amortissement des centrales nucléaires était officialisé, le gouvernement prendrait une décision de politique énergétique lourde de conséquences. Tant au niveau de la sécurité du parc que du coût social et économique pour la société, ce nouvel épisode en dit long sur sa fourberie et son manque de vision de la transition écologique pourtant urgente à mettre en place.

De l’enfumage économico-libéral auquel il nous avait habitués, le gouvernement est désormais passé maître dans l’enfumage écologique.

Déjà le faux choix du gouvernement de faire passer la part du nucléaire à 50% du mix électrique en 2050, ce qui n’implique strictement rien en termes de fermetures de centrales, était une proposition fumeuse qui émanait d’un accord électoraliste avec EELV et non d’une politique énergétique digne de ce nom pour notre pays. Avec cette décision, le gouvernement solférinien tromperait une fois de plus ses propres alliés électoraux ! Une chose est certaine : nous avions raison d’affirmer que cet accord aboutirait à la prolongation de la durée de vie des centrales françaises et à la construction de nouveaux réacteurs EPR.

Encore plus grave : cette décision interviendrait quelques mois seulement après le Débat National sur la Transition Énergétique (DNTE), qui avait exclu du débat la question du nucléaire. Aujourd’hui, et sans que le peuple n’ait été une seule fois concerté, le gouvernement déciderait donc unilatéralement de prolonger la durée de vie du parc français. En comparaison de cette décision, la commission d’enquête parlementaire proposée par EELV, qui pourtant participe à ce gouvernement, semble hypocrite et bien dérisoire.

Il le ferait au détriment de toutes considérations de sécurité. En effet, des pièces aussi centrales qu’inamovibles comme le cœur du réacteur ont été conçues pour 40 ans, ce qui limite la durée de vie d’une centrale nucléaire. En prolongeant la durée de vie des centrales, le Ministre de l’Écologie ferait un choix suicidaire et inconscient. L’ASN a plusieurs fois rappelé que EDF ne devait pas compter sur une telle prolongation. Or seule l’ASN est habilitée à prolonger la durée de vie des centrales françaises. Cela en dirait long sur la préoccupation de ce gouvernement pour l’intérêt général.

Le Parti de Gauche, dans sa contribution au DNTE, avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation de ces travailleur-se-s salariés et sous-traitants touchés par le « grand carnage social ». Cette situation est amenée à empirer avec la « cure de jouvence » que nécessiterait la prolongation des centrales françaises. D’ores et déjà EDF, en Conseil Central d’Entreprise, a rappelé son intention de flexibiliser un peu plus le travail au sein des centrales nucléaires, en amplifiant la plage journalière d’intervention. EDF a aussi annoncé son ambition de relever le taux moyen de disponibilité du parc nucléaire : une décision qui va accroitre encore plus la pression exercée sur les salarié-e-s et sous-traitants du nucléaire, et fragiliser en cela la sécurité des centrales.

Il le ferait enfin au détriment de toute considération économique, l’énergie nucléaire étant une énergie coûteuse et depuis longtemps sous évaluée dans la facture énergétique des Français. Le grand carénage devrait coûter à EDF près de 100 milliards d’euros, qui viennent s’ajouter aux multiples coûts attachés à l’énergie nucléaire. Bien loin d’être une énergie abondante et peu chère, l’électricité nucléaire est couteuse et à l’origine d’un immense gaspillage énergétique.

C’est une décision à des années-lumières de la transition écologique que nous appelons de nos vœux et que nous proposons avec l’écosocialisme. Bien loin des petites combines et de l’enfumage total de l’actuel gouvernement, la politique énergétique doit être replacée au cœur du débat public.

Le Parti de Gauche rappelle son intention de mettre en place la planification écologique. Cette planification permettra de planifier démocratiquement et sur le long terme la bifurcation en profondeur vers l’arrêt du nucléaire par l’engagement d’un véritable plan d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

Communiqué : la schizophrénie du gouvernement

Par Arthur Morenas, David Ammar, Laurent Ayrault et Julie Del Papa.

Une fois de plus, le gouvernement sème la confusion par sa position concernant l’exploration des mines d’hydrocarbures extrêmes.

Après s’être formellement opposé à l’exploration, l’extraction et l’exploitation des gaz et huiles de schiste, le ministre de l’écologie, M. Philippe Martin, a accordé le 7 septembre dernier quatre nouveaux permis de recherches « d’hydrocarbures liquides ou gazeux » en Alsace, en Moselle, dans les Landes et Pyrénées-Atlantiques, ainsi que celui du Nord-Cambrai, qui s’ajoutent aux permis dits « Valenciennois » et « Sud midi ».

Cette nouvelle doit nous alerter car ne nous leurrons pas : s’il ne s’agit aujourd’hui que de recherches, nous savons pertinemment qu’en cas d’évaluation positive, la suite logique sera l’exploitation de ces hydrocarbures.

Les lobbies pétroliers n’en sont pas à leur coup d’essai. En effet, si nous nous sentions protégés par la loi du 13 juillet 2011, ce n’est plus le cas depuis que le Conseil d’Etat a renvoyé devant le Conseil Constitutionnel le 12 juillet dernier la QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) qui vise les articles 1 et 3. Ceux-ci interdisent l’exploitation des mines d’hydrocarbures par fracturation hydraulique et abrogent les permis de recherche qui y ont recours. Le manque de cohérence du gouvernement, par manque de position claire, renforce ces lobbies qui sont désormais en embuscade et prêts à tout pour arriver à leurs fins. C’est notamment le cas à Jouarre (Seine-et-Marne) où le pétrolier américain Hess Oil a déjà commencé à forer.

Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de se mobiliser contre toute recherche d’hydrocarbures extrêmes ! Nous ne pouvons laisser la porte entre-ouverte aux lobbies pétroliers qui ne cherchent qu’à faire du profit au mépris de l’environnement.

Le Parti de Gauche dénonce les contradictions du gouvernement et demande au Ministre de l’Ecologie d’abroger et refuser toute demande de permis de recherche.
Nous serons mobilisés aux côtés des collectifs « non aux pétroles et gaz de schiste et de houille » et de toutes les forces de gauche et écologistes à l’occasion du No Fracking Day du 19 octobre prochain afin de faire front contre les gaz de schiste et de couche.