Colère et indignation

Non, je ne vais pas vous parler du Front de Gauche, des « alliances électoralistes », de la « trahison » du Parti Communiste parisien, etc. Non, je ne développerai pas mon avis sur cette question car si je dis que le Parti de Gauche a aussi une responsabilité dans ce qui arrive, cela ne plaira pas. Les communistes m’ont déçue, je ne comprends pas leur choix, mais tout n’est pas blanc ou noir d’un côté comme de l’autre. Mais de toutes façons, excusez-moi cher-e-s camarades, mais on s’en fout ! Il y a des problèmes bien plus grave que celui de savoir à qui appartient le Front de Gauche… et le logo ?! Ah le logo !

Bref. Aujourd’hui j’écris car je suis indignée, révoltée par ce que j’ai vu hier après-midi, alors que je passais rue de la République, à Avignon. Écouteurs dans les oreilles, je presse le pas car je n’ai pas beaucoup de temps avant de retourner travailler. Mais en passant au niveau du McDonald’s, de l’autre côté de la rue, stationnent deux voitures de la police municipale, et les agents encerclent une personne apparemment sans domicile fixe et lui demandent « gentiment » de bien vouloir dégager car il gêne. Et les gens passent, dans la plus grande ignorance. Je demande à une personne à côté de moi, lui aussi SDF, ce qu’il se passe, et il me dit que ce sont les commerçants qui se sont sûrement plaints. Et il part avec ses chiens. Une fois les flics partis, je continue ma route, la boule au ventre et la gorge nouée, jusqu’à la Poste, et je reviens, rue de la République toujours. Au loin, je vois encore une voiture de police arrêtée. Je me dépêche pour voir ce qu’il se passe, et le même scénario se reproduit… avec le jeune avec qui j’avais parlé quelques minutes auparavant. J’arrive trop tard et la voiture de police part. Envie d’exploser. Comment peut-on laisser faire ça ? Comment peut-on faire ça ? Et ces personnes, si misérables qu’on ne veut pas les voir, vous voulez qu’elles aillent où ? Et pourquoi ne les laisse-t-on pas tranquille à défaut de vouloir les aider ?

Ah mais vous comprenez, ça gâche la beauté des rues d’Avignon de voir autant de gens dans la misère ! Pauvres touristes, qui pensaient venir dans une ville ensoleillée où il fait bon vivre. Pauvres gens qui ne peuvent pas faire dix mètres sans « enjamber » une personne assise par terre, faisant la manche. Pauvres commerçants qui n’ont pas de clients à cause du SDF assis devant la vitrine et qui fait peur aux gens. Pauvres consommateurs qui ne peuvent pas aller faire du shopping sans qu’une personne affamée vienne leur demander vingt centimes pour pouvoir manger, et picoler un peu aussi. Et donner à manger à leur chien, leur ami fidèle. Ah les chiens, ça pue, ça fait ses besoins n’importe où, ça aboie. « Le bruit et l’odeur… »

Mais au lieu de les chasser comme des bêtes, on pourrait peut-être les aider, non ? Non… Tout le monde s’en fout en fait.
« Hé ho, réveille toi gamine, ça fait des années que c’est comme ça ! Qu’est-ce que tu veux y faire, c’est pas nouveau et c’est partout pareil. » Oui, oui je sais. Je sais que c’est partout pareil. Nice, Cannes, Strasbourg,… On expulse les sans-abri à l’extérieur de la ville et on les largue. Je sais que ça existe tout ça, mais même quand on le sait, une fois qu’on y est confronté, quand on est témoin d’un tel spectacle, ça change tout. Car ce qui est horrible à supporter en fait, plus que la misère, c’est de prendre quelqu’un contre son gré et l’emmener de force. SDF, sans-papiers, familles mises à la rue, etc. Mais après, où vont-ils tous ces gens-là ? Ils gênent là où ils sont, mais ils n’ont nulle part où aller et on ne leur propose rien si ce n’est de dégager.
« T’as qu’à les prendre chez toi ! » Mais oui, bien sûr ! Parce que c’est en hébergeant un SDF chez moi que va changer quelque chose ?! Comme si c’était un problème individuel et non pas social. Mais si en fait, c’est nous qui produisons les SDF, c’est notre société individualiste qui justement les produit !

Mais bon, on n’y peut rien vous dites… Mais bien sûr que si, et nous en sommes tou-te-s responsables ! Nous sommes responsables de notre lâcheté. Mais là aussi c’est le système qui nous rend lâche…

Les lâches et les salauds… Les salauds me dégoûtent. Les lâches me révoltent.

Je me révolte.

Bref.

Bon, et sinon, qui prend le logo Front de Gauche à Paris ? Pfff…

« Puisque des hommes crèvent sous les ponts, et ce monde s’en fout… » (Saez)

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Le temps d’agir !

Cela va faire bientôt un mois que je suis victime d’attaques sur internet. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler ici ou . Ces attaques n’ont pas cessé mais elles viennent de changer de forme.

Après deux semaines de recul sur les réseaux sociaux, je reprenais le contrôle de mon compte Twitter. Et dans le quart d’heure, mon retour était signalé sur les réseaux fascistes, preuve que je suis traquée, surveillée. Le lendemain, un faux compte Twitter usurpait mon identité et tweetait en mon nom. Ce compte était identique au mien, à un détail près : en fond d’écran, le sexe d’un homme noir en érection. Dans la foulée un blog hébergé par WordPress avait été créé, où nous pouvions trouver un montage photo d’une scène pornographique avec ma photo. Le visage de la femme était remplacé par le mien et le sous-titre précisait que c’était une photo exclusive «  du viol de Julie Del Papa ! ». Soudaine envie de vomir…

Après avoir alerté mes ami-e-s et camarades, et interpellé Twitter France publiquement, nous avons signalé le compte usurpant mon identité et le blog, et ils ont rapidement été suspendus. C’est alors qu’un deuxième compte Twitter, ressemblant fortement au premier, a été mis en ligne, mais avec des éléments nouveaux : des photos de ma propre famille, dont ma petite sœur de deux ans, toujours sur fond pornographique. Le compte a été suspendu dans les 24 heures grâce à vos nombreux signalements. Un grand merci encore à vous tou-te-s.

Je suis allée déposée une nouvelle plainte contre X au commissariat d’Avignon, pour usurpation d’identité.

Ces méthodes sont inqualifiables et cette attitude est révélatrice de ce qu’est l’extrême droite et le Front National. Insultes, intimidations, appel à la haine, sexisme, racisme, humiliation, machisme, soumission, référence au nazisme… Celles et ceux qui utilisent ces méthodes et qui revendiquent publiquement leur soutien au Front National ne sont pas républicain-e-s. Et ce parti d’extrême droite n’est pas républicain.

Il est temps d’agir. Le Parti de Gauche, par la voix de Martine Billard, sa co-présidente, m’a réaffirmé son soutien et m’accompagnera dans toutes mes démarches pour que cette affaire soit traitée au plus vite. Elle a alerté le cabinet de Christiane Taubira et a évoqué ce que je subissais lundi soir dans l’émission Mots Croisés en s’adressant au vice-président du Front National, Florian Philippot. De plus, le Gouvernement, notamment les ministres Christiane Taubira et Manuel Valls, a été interpellé de différentes façons par notre députée du PCF/Front de Gauche, Marie-George Buffet, et par Sergio Coronado (EELV), Sandrine Mazetier (PS) et Jérôme Guedj (PS). Ces soutiens sont un premier pas essentiel, mais les réponses fournies par les pouvoirs publics ne suffisent pas. La Justice fait traîner l’affaire, il est temps de lui demander d’agir et de mettre la pression sur Twitter et WordPress pour qu’ils arrêtent de protéger des criminels.

La pétition lancée il y a environ trois semaines a déjà récolté plus de 9000 soutiens. Il nous faut tous et toutes la relancer pour que je puisse remettre un maximum de signatures à la Ministre de la Justice : http://nopasaran.wesign.it/fr . Elle est un point d’appui nécessaire à notre démarche. Nous tiendrons alors une conférence de presse pour rendre compte des différentes démarches mises en œuvre.

A l’heure où le Front National profite des bassesses du système médiatique et de l’agonie de la Vème République, nous nous devons, ami-e-s, camarades, républicain-e-s de tous bords, de faire apparaître au grand jour les visages des soutiens les plus fervents du Front National et de l’extrême-droite française.

« C’est un joli nom, Camarade… »

Incroyable. C’est comme cela que je décrirais ce mouvement fraternel et solidaire qui s’est mis en place ces deux dernières semaines. Pour tout vous dire, cela m’a vraiment surprise et continue de me surprendre. Il nous paraît normal à tou-te-s de venir en aide aux personnes dans le besoin, en fonction de nos moyens, d’exprimer son soutien à un ou des camarades en lutte, etc… Mais lorsque cela nous arrive à nous, on ne s’attend pas à recevoir des milliers de messages encourageants, de la part de proches comme d’inconnu-e-s, qui nous aident à aller de l’avant et à continuer le combat contre le fascisme et plus généralement contre les idées d’extrême droite.

Sans compter l’aide précieuse que m’ont apportée les camarades et ami-e-s autour de moi. Je pourrais tou-te-s les citer mais j’en oublierais et je n’ai aucune envie de blesser quiconque. Je les remercie tou-te-s pour tout ce qu’ils/elles ont fait et font encore. Je sais que vous avez pu parfois vous sentir laissé-e-s de côté, mis-e-s à distance, mais c’était une nécessité et gérer tout ça n’était pas simple. Didier et Corinne, qui depuis le début m’aident à prendre toutes les décisions et à les mettre en œuvre, ont fait ce que nous croyions le mieux, et je suis vraiment fière de les avoir à mes côtés. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage d’aller jusqu’au bout sans eux, car leur présence, en plus des milliers de messages de soutien reçus, renforcent ma détermination.

Ces deux semaines de recul m’ont été nécessaires et m’ont permis de réfléchir à tout cela, à mon engagement. J’écrirai prochainement un billet de blog à ce propos. En attendant, je voudrais juste exprimer l’aboutissement de mon questionnement sur notre action et notre présence sur les réseaux sociaux, et quelle utilisation nous voulons en faire. Il n’est surtout pas question de céder aux intimidations et de renoncer à une présence sur ces réseaux qui me semble nécessaire et efficace. J’ai cependant décidé de fermer le compte Facebook que tout le monde connaît, et de le transférer vers un autre. Mon nouveau compte sera uniquement politique et restreint. Je n’accepterai directement en ami-e-s que les personnes avec lesquelles j’ai déjà eu l’occasion d’échanger sereinement. Pour les autres, celles et ceux que je connais mal ou peu, je vous demanderai de me laisser accéder à votre mur pour que je puisse me faire une idée. Peut-être allégerai-je ces exigences mais pour l’instant, trop de précautions valent mieux que revivre la sombre période que j’ai vécue… En revanche, comme c’était déjà le cas avant, je vais continuer d’utiliser Twitter, mais en restreignant les abonnements, pour partager des informations politiques, locales ou nationales.

Je reviens bientôt sur la toile, j’y exposerai les avancées du dossier juridique contre mes agresseurs et j’espère vous y voir en forme, mes Camarades, car la lutte contre le cyber-fascisme est loin d’être terminée.

A très bientôt.

A contretemps rejoint les #blogs6_0

logo blog 6.0

Nous sommes blogueurs politiques pour la plupart, sous différents angles, par différents registres,  avec chacun et chacune notre marque de fabrique,  nos marottes et nos thèmes privilégiés. Nous sommes blogueurs individuellement depuis des temps variables, de quelques mois à quelques années. 

Nous parlons de différents points de vue, encartés ou pas.

Nous pouvons être éventuellement proches d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV), du Front de Gauche  (FdeG) ou du Parti socialiste (PS)… ou avec plus de distance avec les appareils politiques.

Notre point commun est de réfuter la 5ème République.  

Celle-ci  est en effet victime d’ « erreurs  système » à répétition, malgré tous les rafistolages institutionnels, prévisibles dès la mise en fonction de la 5ème République par le Général de Gaulle, en 1958. Il convient donc changer de logiciel pour l’adapter à notre époque.

Nous faisons nôtre la revendication d’une 6ème République.  Nous écrivons tous pour la concrétisation  d’une République écologique, sociale, solidaire et démocratique qui impliquera toutes et tous les citoyen-ne-s .

La 6ème République que nous appelons de nos vœux sera démocratique  ou ne sera pas. Elle fera de l’implication citoyenne le moyen de toutes les avancées politiques et la condition de toutes les évolutions institutionnelles. L’implication citoyenne sera la  garantie de décisions plus soucieuses des préoccupations des Français. 

Nous considérons donc que la construction d’une 6ème République doit être l’œuvre des citoyens eux-mêmes et non d’une élite éclairée qui serait seule détentrice de la vérité exclusive, unique et universelle.  

En utilisant l’ensemble des outils à notre disposition, quelle que soit leur nature, nous contribuons comme citoyens ou comme blogueurs et parfois les deux à l’éclosion d’une alternative politique constructive en apportant chacun notre pierre à l’édifice commun. Qu’importe  le support, l’important c’est le but à atteindre ensemble : le bien vivre. 

Nous sommes déjà convaincus – par la pratique – de l’intérêt de cette démarche participative.

Pour notre part, si nous avons choisi le blog comme outil d’expression, c’est parce qu’il casse les cadres en offrant à tout un chacun-e la possibilité d’intervenir sur tel ou tel  thème sans être expert, mais avec la ferme volonté de nous imprégner en profondeur du sujet traité, apprenant en écrivant, en commentant, et en débattant avec d’autres à la sensibilité différente. Loin de nous léser, elle nous enrichit. 

En effet, si nous avons choisi le blog comme outil d’intervention, c’est parce qu’il s’enrichit de la nécessaire interaction avec le lecteur qui, en commentant, prend déjà part lui-aussi au débat, et donc à la construction de la pensée, et aux valeurs communes. 

Nous pensons que ces actes contribuent à redéfinir positivement les rapports entre individus et collectif en sortant de l’opposition communément admise entre ces deux formes d’affirmation.

Nous sommes des blogueurs engagés dans une co-élaboration d’une pensée critique autant que d’une action proprement politique avec celles et ceux qui nous suivent, nous lisent, et adhèrent à ce que nous proposons.

Dans l’approfondissement de cette démarche, nous voulons donc utiliser la même méthode de la co-production politique pour construire, avec les citoyen-ne-s, une 6ème République, c’est-à-dire une république et des institutions à ‘l’image de qui nous sommes, collectivement, et non une production au seul service de ceux qui l’animent.

Nous sommes les blogueurs 6.0 !

Véoliavignon : nouvelle dérive de la multinationale

Coup dur à la fin du mois de mai pour les Avignonnais-es…

Avignon, commune de plus de 89.000 habitant-e-s, notamment connue pour la gestion privée de ses biens communs, pourrait être rebaptisée Véoliavignon, tant les multinationales comme Véolia, Vinci, etc… ont la main mise sur tous les services dits publics.

Encore une fois, c’est Véolia qui se retrouve au cœur de la polémique. En effet, quelques usagers ont eu la mauvaise surprise de découvrir que des prélèvements automatiques sur leurs comptes courants aient été effectués sans autorisation. Des faits graves que condamne le Collectif de l’Eau du Grand Avignon. Il est plus que temps que ces dérives cessent. Une raison de plus qui nous montre combien une régie publique de l’eau est nécessaire…

C’est d’ailleurs pour cette raison que les Avignonnais-es, à l’appel du Collectif de Mme Landau, se sont retrouvés mercredi 5 juin, à 16h30, à la Mairie, où devait se tenir le Conseil Municipal. Des élu-e-s Front de Gauche étaient présent-e-s pour soutenir le Collectif dans son action. Une lettre ouverte a été remise à Madame la Maire, Maire-José Roig (UMP), afin qu’un débat sur Véolia et la régie de l’eau plus généralement soit ouvert. Cette demande a également été faite par un élu Front de Gauche, André Castelli, à qui Madame Roig s’est empressée de répondre qu’aucun débat sur la régie publique de l’eau n’aurait lieu en Conseil Municipal, car « cette compétence ne relève pas de la commune, mais de la communauté de communes (COGA) ». Mais nous pouvons demander ce qui empêche un simple débat, même si cette décision ne sera pas prise par les élu-e-s municipaux. Ce serait justement l’occasion pour Mme Roig d’entendre les voix et les propositions de ses adjoint-e-s et conseiller-e-s. Il semble évident que Madame la Maire n’est pas très à l’aise avec la démocratie…

Devant ce refus, le Collectif de l’eau compte bien entreprendre de nouvelles actions de sensibilisation, pour résister aux multinationales et leurs collaborateurs.

http://www.mareecitoyenne.fr/index.php/2-non-categorise/29-veoliavignon-nouvelles-derives-de-la-multinationale