Ne laissons pas nos villes entre les mains du Front National !

Je suis retournée à Pierrelatte il y a quelques jours, cette petite ville drômoise d’environ 12 000 habitants, généralement connue pour sa ferme aux crocodiles, ou encore pour son usine d’enrichissement de l’uranium, à proximité de la centrale nucléaire du Tricastin, grande fierté locale (sic !).

Pierrelatte, c’est la ville où je suis née et où j’ai grandi. Mon bac en poche, je me suis envolée vers Strasbourg pour y poursuivre mes études. J’étais plutôt contente de quitter cette petite ville et ainsi découvrir un nouveau rythme de vie. Je suis restée malgré tout attachée à ma ville natale, notamment car j’ai eu le plaisir de la représenter pendant près de huit ans, lorsque je pratiquais la gymnastique à l’E.G.P. Dans la rue, on me reconnaissait souvent comme la petite gymnaste en photo dans le journal, qui avait été qualifiée pour les championnats et qui avait ramené un titre.

Mais cette fois-ci, c’est un drôle de sentiment que j’ai eu en y retournant… Lorsque je me suis retrouvée face au local de campagne pour les élections municipales du candidat « Rassemblement Bleu Marine », j’ai été d’abord déçue de voir que celui-ci avait remplacé l’ancienne pâtisserie où j’avais quelques fois le plaisir d’aller acheter un éclair au chocolat. La conscience politique reprenant le dessus quelques secondes après, j’ai eu envie d’en savoir plus sur ce candidat et son projet pour cette ville, d’autant plus qu’il ne serait pas étonnant de le voir à la tête du conseil municipal à partir du mois d’avril…

Il y a quelques temps, me préparer à un tel avenir pour Pierrelatte m’aurait découragée. « Il fallait s’y attendre, vu le score du FN aux dernières élections… ». Mais aujourd’hui, cela me révolte. Depuis le mois de septembre, je dois lutter personnellement et malgré moi face aux attaques de l’extrême droite, Front National compris. Après avoir été agressée, harcelée, humiliée par ses militant-e-s, il m’est difficile d’accepter qu’un représentant de cette idéologie soit élu par les citoyen-ne-s de ma ville natale.

Il est évident qu’un climat politique tel qu’il est aujourd’hui ne peut que favoriser le repli sur soi et rejeter la responsabilité de chacun sur une cible facile. Je comprends ce dégoût de la politique, des hommes et des femmes politiques qui semblent n’agir que pour leurs propres intérêts et non pour celui du peuple qui les a élu-e-s. Je ne peux pas reprocher à toutes celles et ceux qui pensent « tous pourris » de voter pour le/la candidat-e qui donne l’impression d’être « anti-système ».

Et pourtant… Aujourd’hui, mon expérience récente m’a fait comprendre une chose sur le Front National. On entend souvent Marine Le Pen dire qu’elle a fait le « ménage » dans ses rangs, surtout à l’approche des élections, mais c’est faux : mes agresseurs sont des défenseurs acharnés de la famille Le Pen et de son parti. Et chaque citoyen-ne, quelles que soient ses raisons que je ne juge pas, doit comprendre qu’en votant pour le Front National, ou d’autres partis d’extrême droite, ici ou partout ailleurs, ils/elles renforcent le pouvoir de ces personnes qui menacent et agressent dès qu’elles sont face à un contradicteur qui ne baisse pas la tête. En votant pour le Front National, ils/elles votent contre la République, et contre nos valeurs qui sont : Liberté, Egalité, Fraternité. Ne l’oublions pas.

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L’abstention n’aura pas ma voix !

A quelques jours à peine du premier tour des élections présidentielles, je tenais à écrire un article de blog. Non pas pour vous convaincre de voter Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), rassurez-vous, certain-e-s camarades le font assez bien comme ça ! Non, je voulais m’adresser à celles et ceux qui pourraient ne pas aller voter…

Selon moi, il est important de différencier l’abstention et le vote blanc. Lors d’une élection, les personnes qui votent blanc sont généralement celles qui n’ont pas trouvé un candidat qui représente leurs idées. Cela ne veut pas pour autant dire qu’ils se moquent des élections. Bien au contraire ! Ceux-ci se sentent concernés par la politique, l’actualité, mais ont été déçus, sont désespérés… et décident alors de montrer leur mécontentement par ce fameux « vote blanc ». En revanche, les abstentionnistes sont de l’avis que le système actuel ne peut répondre aux attentes de l’individu et n’est donc pas satisfaisant. Le refus de voter est donc un acte politique. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de comptabiliser les votes blancs comme votes à part entière, afin de ne pas les confondre avec les « non votants ». C’est déjà le cas dans des pays comme la Suisse, l’Espagne, la Suède,… Cependant, l’abstention involontaire ne représente que 10% environ de l’abstention. Cela montre bien que ce n’est pas majoritairement un problème d’information…

Ceci dit, il n’est pas trop tard ! Il est encore temps de réfléchir et de changer d’avis. Non, penser que voter ne sert à rien est une erreur ! « Si tu ne t’occupes pas de politique, la politique s’occupe toujours de toi » ! Tout est dit ! Il est vrai que jusqu’à maintenant, les différents gouvernements en place n’ont jamais vraiment écouté ce que voulait le peuple. Les grèves, les manifestations, et autres actes de résistance n’y ont rien fait. Surtout ces cinq dernières années. Peut-être ai-je cette impression car j’étais trop petite avant pour m’en rendre compte… Mais peu importe. Le vote électoral reste une façon de s’exprimer, il est un outil. Grâce à lui, nous pouvons dire « stop ! » à la politique actuelle, ou alors l’approuver en votant pour le candidat sortant. Alors, oui, il est vrai qu’aucun candidat n’est parfait, mais je pense qu’il y a forcément des valeurs communes, des idées que l’on partage avec tel ou tel candidat, et non avec d’autres. C’est donc un vote par élimination… Mais malheureusement, tant que le vote blanc ne sera pas comptabilisé, je ne vois pas d’autre solution. Nous n’avons rien à gagner à nous abstenir. C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de m’engager. Pour ma part, je voterai donc, à votre grand étonnement je le sais, Jean-Luc Mélenchon. Et au second tour aussi, soyons fous !