Bonne année 2014 !

« Dans un monde déchiré, où l’espérance de bonheur semble de heurter sans cesse aux nouvelles formes de souffrance et de mal-être, où la richesse matérielle, mal repartie certes, ne remplit visiblement aucune des promesses qui lui étaient associées, il est temps de ressourcer l’aspiration au bonheur. » (Henri Pena-Ruiz, « Bonheur »)

C’est pour cela que nous nous engageons : pour la liberté, celle qui nous permet de comprendre, de choisir, et d’agir.

Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2014. Qu’elle soit pleine de résistance, d’émancipation et de luttes victorieuses !

« Bonheur à tou-te-s. »

Publicités

Connaissez-vous Pinar Selek ?

Il y a des rencontres qui marquent à jamais notre existence et je crois que celle de samedi dernier en fait partie.

Peut-être connaissez-vous déjà Pinar Selek ?

Je l’ai rencontrée samedi, à l’occasion de la soirée contre les violences faîtes aux femmes, organisée par le collectif droits des femmes du Vaucluse. Soirée réussie soit dit en passant. Les personnes qui me connaissent savent que j’ai une approche assez différente de ce qu’est le féminisme, et que ce genre d’évènement n’est pas vraiment mon truc. Et pourtant, je dois avouer que je n’ai pas regretté d’y être allée.

Pinar Selek était l’invitée d’honneur de cette soirée. Je peux vous la présenter en quelques mots. Militante féministe, antimilitariste, sociologue et écrivaine, Pinar est Turque et réfugiée en France où elle étudie à l’Université de Strasbourg. Pour en savoir plus, je vous conseille de lire sa biographie ici. Vous y découvrirez son histoire et le combat qu’elle mène courageusement depuis des années.

Etant donc à Avignon, nous avions convenu de faire connaissance à cette occasion, afin de nous « donner du courage », pour reprendre ses mots, dans nos luttes communes. Et c’était exactement de ça dont il s’agissait. Pendant ces quelques minutes où nous avons pu discuter, j’ai d’abord été impressionnée par la force et la détermination dont elle faisait preuve. Qui donc pourrait affirmer pouvoir rester debout, la tête haute, après avoir subi les épreuves par lesquelles est passée Pinar ? Certainement pas moi… Personne ne peut l’affirmer avant de l’avoir vécu.

Je crois cependant avoir compris d’où lui venait ce courage. Les femmes, et autres personnes mises en infériorité, ne doivent pas rester cachées derrière leur statut de victimes et ainsi rester passives. Non, quelle que soit l’épreuve à surmonter, la lutte à mener, nous devons les affronter, en face. Se relever, et se battre. Pour cela, la solidarité est nécessaire. Seul-e-s, nous ne sommes rien, nous avons toujours besoin des autres, et les autres ont besoin de nous.

Et aujourd’hui, Pinar a besoin de nous ! Et J’espère que ce billet de blog lui permettra de récolter encore plus de soutien. Pinar Selek est condamnée à la prison à perpétuité en Turquie (tout cela est expliqué dans sa biographie). Voici donc la requête de son comité de soutien :

« Le collectif de solidarité avec Pinar Selek en Turquie lance une campagne d’envois de lettres au Ministre de la justice turc. Ces lettres ont pour but de relever le caractère politique du procès qui est fait à Pinar Selek et de pointer la soumission de la justice aux forces politiques. Cette campagne est internationale et nous nous organisons, en France, pour qu’un maximum de lettres arrivent sur le bureau du Ministre.
Pinar Selek est devenue un symbole de lutte pour la justice et la liberté de toutes et tous et la répression ne la fera pas taire ! »

Ce que je vous propose donc, si vous êtes d’accord pour apporter votre aide, est de me laisser un commentaire à la fin de cet article afin que je vous envoie deux modèles de lettre, si vous en avez besoin. Il est important que ces lettres soient écrites à la main, datées et signées. Je compte sur vous ! Merci pour elle…

Je tiens aussi à remercier Lise M. qui nous a mis en contact Pinar et moi, et sans qui je n’aurais pu la rencontrer.

Veoliavignon : Les multinationales gagnent du terrain, mais on ne lâche rien !

Lundi soir se réunissait le Conseil Communautaire du Grand Avignon (COGA) pour débattre, entre autres, du passage en régie publique de l’eau, ou la continuation en « délégation de service public ».

A cette occasion, le collectif de l’eau d’Avignon, auquel s’est joint le Front de Gauche, était présent dans le public, afin de défendre le retour à la régie publique. En vain…

Comme nous nous y attendions, la COGA a décidé de prolonger les contrats, et a précisé quelles seraient les entreprises privées qui géreraient l’eau de quatre communes jusqu’en 2020 :

– la SAUR pour 4 communes pour l’eau ;

– la SDEI pour 12 communes pour l’assainissement.

Une nouvelle qui tombe d’autant plus mal depuis que le Collectif a fait savoir qu’un million d’euros, payé par les usagers, avait disparu ! L’une des sociétés mises en cause, la SDEI, filiale de la Lyonnaise des eaux, affirme qu’elle a bien reversé les sommes évoquées par le Collectif de l’eau. Des explications ont donc été demandé au Trésor Public, mais elles restent encore sans réponse…

Le manque de transparence se fait cruellement ressentir au point que les consommateurs ne savent pas quelles sont les caractéristiques qui justifient le prix de l’eau.

Il est plus que temps d’exiger le retour à la régie publique de l’eau !

Le fascisme avance masqué, combattons le à visage découvert !

Le samedi 26 octobre, le Collectif Antifasciste du Vaucluse a appelé tous les antifascistes du Vaucluse et d’ailleurs à se rassembler, pour exprimer sa solidarité avec toutes les victimes de l’extrême droite et pour construire la Résistance. Etant moi-même visée par les menaces de l’extrême droite, ils m’ont invitée à prendre la parole. Voici la retranscription de mon discours.

Bonjour à toutes et à tous,

D’abord, je tenais à vous remercier d’être venu-e-s à ce rassemblement, et je voudrais remercier plus particulièrement mes camarades du Collectif Antifasciste du Vaucluse d’avoir eu cette initiative, et pour leur soutien. Leur aide, qu’elle soit morale ou matérielle – plusieurs de mes camarades m’ont accompagnée lors de mes déplacements, et m’ont hébergée – m’a été précieuse.

Pour en revenir rapidement aux faits, depuis la manifestation contre les universités d’été du Front National à Marseille le 14 septembre dernier, j’ai reçu des centaines de messages de menace de mort, de viol, des insultes. Des comptes usurpant mon identité ont été créés et diffusaient des photos de ma propre famille dont celle de ma petite soeur de 2 ans. Des montages photos sur fond pornographique ont été mis en ligne sur des sites internet ouverts spécialement pour cela, j’ai été victime de tentative de piratage, etc… Je vous passe les détails car c’est assez choquant et humiliant. Aujourd’hui, deux plaintes ont été déposées, mais certains individus s’acharnent et les attaques continuent, depuis un mois et demi.

Mais ces attaques, aussi violentes soient-elles, sont pourtant la preuve d’une grande lâcheté et d’une ignorance coupable. Car en m’attaquant, et en attaquant tous les camarades qui sont victimes de l’extrême droite, ils croient s’attaquer à des personnes seules, isolées, ils pensent traquer des proies faciles. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de constater que les fascistes s’attaquent principalement à des femmes. Car l’extrême droite, en plus d’être raciste, xénophobe, homophobe, et j’en passe… et aussi sexiste. Dans leur idéologie, l’égalité n’existe pas. L’infériorité des femmes, des gens de couleurs, des homosexuel-le-s, est une donnée qui est acceptée comme étant naturelle. Alors vous comprenez, une jeune femme seule ne peut que se plier aux insultes et aux humiliations sexuelles… Et bien, non. Nous, femmes, nous ne baisserons pas la tête face aux valeurs de l’extrême droite fondées sur le patriarcat et la domination masculine ! Le combat contre l’extrême droite est aussi un combat féministe !

Il est un combat féministe, mais pas seulement. Le combat contre l’extrême droite est un combat pour la liberté d’expression. Car ce qu’il faut savoir, c’est que ces personnes qui menacent, le font sous couvert de la liberté d’expression. Or, ce n’est pas ça ! La liberté d’expression ne consiste pas à dire tout haut ce que l’ont veut, elle n’est pas la liberté de dire n’importe quoi, d’insulter, de menacer, d’appeler à la violence et au crime ! Non, la liberté d’expression c’est avant tout accepter le débat d’idées, avancer des arguments, écouter la contradiction, surtout en politique. Twitter, Facebook, et tous les réseaux sociaux ne doivent plus échapper à la loi qui régit la liberté de la presse. Car si les internautes se croient autorisés à tout, c’est d’abord parce que les grands groupes qui régissent ces réseaux les laissent agir. Il est temps que Twitter montre qu’il est prêt à respecter les lois de notre République humaniste, ou alors à être condamné pour son laxisme ! Si je me sens en danger aujourd’hui, c’est aussi parce que Twitter laisse des agresseurs et des personnes qui violent la loi agir librement.

Pour en revenir à l’extrême droite, oui bien sûr qu’il y a un lien direct entre le Front National et mes agresseurs ! D’abord, car ces attaques ont commencé depuis ma participation à une manifestation contre le Front National. Ensuite, parce que tous mes agresseurs sont des défenseurs acharnés de la dynastie Le Pen. On entend souvent Marine Le Pen dire qu’elle a fait le ménage dans ses rangs, surtout à l’approche des élections, mais c’est faux ! Et ce que les électeurs du FN doivent savoir, c’est qu’en votant pour ce parti, ils renforcent le pouvoir de ces personnes qui menacent, agressent dès qu’ils sont face à un contradicteur qui ne baisse pas la tête. Récemment, on a aussi entendu Marine Le Pen dire qu’elle avait agit rapidement concernant la photo qui compare Mme Taubira à un singe, mais là aussi, c’est faux. Il ne s’agit que d’un coup de communication. Car cela fait déjà plus de deux mois que cette photo circule sur les réseaux fachos, et sur les profils de mes agresseurs.

Christiane Taubira est donc victime des mêmes agresseurs que moi, et c’est pourquoi aujourd’hui, j’en appelle à la Ministre de la Justice pour qu’elle fasse respecter la loi et pour que Twitter cesse de protéger ces barbares.

S’ils s’en sont pris à moi, c’est parce qu’ils pensaient que je baisserai la tête et que j’étais seule. Mais aujourd’hui, nous leur montrons que ce n’est pas le cas : nous luttons à visage découvert et nous restons debout contre les agressions de l’extrême droite !

Colère et indignation

Non, je ne vais pas vous parler du Front de Gauche, des « alliances électoralistes », de la « trahison » du Parti Communiste parisien, etc. Non, je ne développerai pas mon avis sur cette question car si je dis que le Parti de Gauche a aussi une responsabilité dans ce qui arrive, cela ne plaira pas. Les communistes m’ont déçue, je ne comprends pas leur choix, mais tout n’est pas blanc ou noir d’un côté comme de l’autre. Mais de toutes façons, excusez-moi cher-e-s camarades, mais on s’en fout ! Il y a des problèmes bien plus grave que celui de savoir à qui appartient le Front de Gauche… et le logo ?! Ah le logo !

Bref. Aujourd’hui j’écris car je suis indignée, révoltée par ce que j’ai vu hier après-midi, alors que je passais rue de la République, à Avignon. Écouteurs dans les oreilles, je presse le pas car je n’ai pas beaucoup de temps avant de retourner travailler. Mais en passant au niveau du McDonald’s, de l’autre côté de la rue, stationnent deux voitures de la police municipale, et les agents encerclent une personne apparemment sans domicile fixe et lui demandent « gentiment » de bien vouloir dégager car il gêne. Et les gens passent, dans la plus grande ignorance. Je demande à une personne à côté de moi, lui aussi SDF, ce qu’il se passe, et il me dit que ce sont les commerçants qui se sont sûrement plaints. Et il part avec ses chiens. Une fois les flics partis, je continue ma route, la boule au ventre et la gorge nouée, jusqu’à la Poste, et je reviens, rue de la République toujours. Au loin, je vois encore une voiture de police arrêtée. Je me dépêche pour voir ce qu’il se passe, et le même scénario se reproduit… avec le jeune avec qui j’avais parlé quelques minutes auparavant. J’arrive trop tard et la voiture de police part. Envie d’exploser. Comment peut-on laisser faire ça ? Comment peut-on faire ça ? Et ces personnes, si misérables qu’on ne veut pas les voir, vous voulez qu’elles aillent où ? Et pourquoi ne les laisse-t-on pas tranquille à défaut de vouloir les aider ?

Ah mais vous comprenez, ça gâche la beauté des rues d’Avignon de voir autant de gens dans la misère ! Pauvres touristes, qui pensaient venir dans une ville ensoleillée où il fait bon vivre. Pauvres gens qui ne peuvent pas faire dix mètres sans « enjamber » une personne assise par terre, faisant la manche. Pauvres commerçants qui n’ont pas de clients à cause du SDF assis devant la vitrine et qui fait peur aux gens. Pauvres consommateurs qui ne peuvent pas aller faire du shopping sans qu’une personne affamée vienne leur demander vingt centimes pour pouvoir manger, et picoler un peu aussi. Et donner à manger à leur chien, leur ami fidèle. Ah les chiens, ça pue, ça fait ses besoins n’importe où, ça aboie. « Le bruit et l’odeur… »

Mais au lieu de les chasser comme des bêtes, on pourrait peut-être les aider, non ? Non… Tout le monde s’en fout en fait.
« Hé ho, réveille toi gamine, ça fait des années que c’est comme ça ! Qu’est-ce que tu veux y faire, c’est pas nouveau et c’est partout pareil. » Oui, oui je sais. Je sais que c’est partout pareil. Nice, Cannes, Strasbourg,… On expulse les sans-abri à l’extérieur de la ville et on les largue. Je sais que ça existe tout ça, mais même quand on le sait, une fois qu’on y est confronté, quand on est témoin d’un tel spectacle, ça change tout. Car ce qui est horrible à supporter en fait, plus que la misère, c’est de prendre quelqu’un contre son gré et l’emmener de force. SDF, sans-papiers, familles mises à la rue, etc. Mais après, où vont-ils tous ces gens-là ? Ils gênent là où ils sont, mais ils n’ont nulle part où aller et on ne leur propose rien si ce n’est de dégager.
« T’as qu’à les prendre chez toi ! » Mais oui, bien sûr ! Parce que c’est en hébergeant un SDF chez moi que va changer quelque chose ?! Comme si c’était un problème individuel et non pas social. Mais si en fait, c’est nous qui produisons les SDF, c’est notre société individualiste qui justement les produit !

Mais bon, on n’y peut rien vous dites… Mais bien sûr que si, et nous en sommes tou-te-s responsables ! Nous sommes responsables de notre lâcheté. Mais là aussi c’est le système qui nous rend lâche…

Les lâches et les salauds… Les salauds me dégoûtent. Les lâches me révoltent.

Je me révolte.

Bref.

Bon, et sinon, qui prend le logo Front de Gauche à Paris ? Pfff…

« Puisque des hommes crèvent sous les ponts, et ce monde s’en fout… » (Saez)