« C’est un joli nom, Camarade… »

Incroyable. C’est comme cela que je décrirais ce mouvement fraternel et solidaire qui s’est mis en place ces deux dernières semaines. Pour tout vous dire, cela m’a vraiment surprise et continue de me surprendre. Il nous paraît normal à tou-te-s de venir en aide aux personnes dans le besoin, en fonction de nos moyens, d’exprimer son soutien à un ou des camarades en lutte, etc… Mais lorsque cela nous arrive à nous, on ne s’attend pas à recevoir des milliers de messages encourageants, de la part de proches comme d’inconnu-e-s, qui nous aident à aller de l’avant et à continuer le combat contre le fascisme et plus généralement contre les idées d’extrême droite.

Sans compter l’aide précieuse que m’ont apportée les camarades et ami-e-s autour de moi. Je pourrais tou-te-s les citer mais j’en oublierais et je n’ai aucune envie de blesser quiconque. Je les remercie tou-te-s pour tout ce qu’ils/elles ont fait et font encore. Je sais que vous avez pu parfois vous sentir laissé-e-s de côté, mis-e-s à distance, mais c’était une nécessité et gérer tout ça n’était pas simple. Didier et Corinne, qui depuis le début m’aident à prendre toutes les décisions et à les mettre en œuvre, ont fait ce que nous croyions le mieux, et je suis vraiment fière de les avoir à mes côtés. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage d’aller jusqu’au bout sans eux, car leur présence, en plus des milliers de messages de soutien reçus, renforcent ma détermination.

Ces deux semaines de recul m’ont été nécessaires et m’ont permis de réfléchir à tout cela, à mon engagement. J’écrirai prochainement un billet de blog à ce propos. En attendant, je voudrais juste exprimer l’aboutissement de mon questionnement sur notre action et notre présence sur les réseaux sociaux, et quelle utilisation nous voulons en faire. Il n’est surtout pas question de céder aux intimidations et de renoncer à une présence sur ces réseaux qui me semble nécessaire et efficace. J’ai cependant décidé de fermer le compte Facebook que tout le monde connaît, et de le transférer vers un autre. Mon nouveau compte sera uniquement politique et restreint. Je n’accepterai directement en ami-e-s que les personnes avec lesquelles j’ai déjà eu l’occasion d’échanger sereinement. Pour les autres, celles et ceux que je connais mal ou peu, je vous demanderai de me laisser accéder à votre mur pour que je puisse me faire une idée. Peut-être allégerai-je ces exigences mais pour l’instant, trop de précautions valent mieux que revivre la sombre période que j’ai vécue… En revanche, comme c’était déjà le cas avant, je vais continuer d’utiliser Twitter, mais en restreignant les abonnements, pour partager des informations politiques, locales ou nationales.

Je reviens bientôt sur la toile, j’y exposerai les avancées du dossier juridique contre mes agresseurs et j’espère vous y voir en forme, mes Camarades, car la lutte contre le cyber-fascisme est loin d’être terminée.

A très bientôt.

A vous tou-te-s qui me soutenez…

Bonjour à toutes et à tous,

Je tenais d’abord à vous remercier pour les milliers de soutiens qui affluent sans cesse depuis quelques jours, pour les pétitions lancées, les réactions sur les réseaux et les témoignages collectifs qui me touchent profondément. C’est un grand réconfort dont j’avais besoin, mais au-delà de ça, c’est la preuve que nous sommes toutes et tous républicain-e-s, malgré parfois nos divergences politiques, et que nos valeurs communes sont celles de la lutte pour des idées et non un combat contre des minorités précaires ou des personnes isolées, comme celui que mène cette extrême-droite, qui révèle là son insondable lâcheté.

Ces attaques sont évidemment une preuve de lâcheté mais aussi la marque d’une ignorance coupable. En nous menaçant (je pense particulièrement à mes camarades Nathanaël, Sophia, et Sydne) ils croyaient traquer des proies faciles mais ce qu’ils n’avaient pas mesuré c’est qu’aucun-e d’entre-nous n’est jamais seul-e, nous sommes toujours des milliers.

Beaucoup se sont inquiété-e-s pour moi, et je suis navrée de ne pas avoir pu répondre à vos messages et vous donner des nouvelles plus tôt. J’espère que vous comprendrez que la situation exige de la prudence et du recul… Je vais bien, et mon moral revient au mieux comme vous avez pu le constater depuis le début de ce billet.

A la suite des événements, des agression verbales, des appels à la haine, au viol ou encore au meurtre sur les réseaux sociaux, et Twitter en particulier, j’ai été victime de tentatives de piratages sur Internet, mais aussi, en effet, d’une agression physique dans la rue. Il est impossible, pour l’instant, de savoir si tout cela est lié mais la coïncidence est troublante et semble ne pas faire de doute pour la police. Ma plainte a enfin été acceptée et je crois savoir que le dossier, jugé sensible par les autorités, avance bien. Mon agression publique a été sans conséquence physique, mais sa violence, dans ce contexte, a été difficile à supporter.

Aujourd’hui, ma sécurité est assurée, et je suis plus que jamais déterminée à continuer la lutte, et mon but est de faire aboutir les poursuites engagées.

Au-delà du combat personnel, il s’agit que la justice, le gouvernement, la société toute entière, reconnaissent et condamnent la violence des attaques d’une extrême-droite qui confond la liberté d’expression avec le fait de déverser sa haine. La banalisation des idées du Front National (auquel se réfèrent sans ambiguïté bon nombre de mes agresseurs, comme le démontre cet article) et ses soutiens médiatiques et politiques nationaux, donnent une raison d’être à celles et ceux qui appellent impunément au viol, au meurtre et à la déportation parfois, à la violence sur autrui toujours. Chaque citoyen-ne, quelles que soient ses raisons que je ne juge pas, doit comprendre qu’en votant pour le Front National, ils donnent aussi du pouvoir à ses extrémistes de la haine ordinaire, cachés derrière leurs ordinateurs. Cet état de fait doit cesser et chacun-e doit mesurer sa responsabilité.

La liberté d’expression ne consiste pas à dire tout haut ce que l’on veut, mais bien à accepter le débat d’idées, à avancer des arguments, à écouter la contradiction, surtout en politique. Twitter, Facebook, et tous les réseaux sociaux ne doivent plus échapper à la loi qui régit la liberté de la presse. En tant que lieux publics, ces réseaux doivent respecter les règles de notre République humaniste. La police m’a informée que Twitter France « refuse systématiquement de répondre aux réquisitions judiciaires ». Il est temps que cette multinationale montre qu’elle est prête à respecter nos valeurs, à obéir à nos lois ou alors à être condamnée pour son laxisme. Sa responsabilité est en cause et mon combat, notre combat devra aussi être celui-là. Si des internautes se croient autorisés à tout, et en premier lieu ceux de l’extrême droite dont la violence dépasse la raison, c’est d’abord parce que les grands groupes qui régissent ces réseaux les laissent agir.

De nombreux articles ont été publiés sur cette affaire. Je n’ai moi-même accepté aucune autre interview que celles de Michel Soudais pour Politis et Caroline Constant pour l’Humanité, et je les remercie du respect qu’ils m’ont témoigné. Je considère que la majorité des médias nationaux jouent d’ordinaire de façon irresponsable avec la montée de la violence d’extrême-droite. En mettant, depuis plus d’un an, sur le même plan le Parti de Gauche (Front de Gauche) et le Front National, ils ont volontairement effacé la ligne qui sépare les partis républicains des partis extrémistes. Notre gauche, le cœur de la gauche, se bat pour des idées, des valeurs qui jamais ne nous ferons nous attaquer à l’autre parce qu’il/elle est une femme, un-e homosexuel-le, une immigré-e, un-e chômeur/-se, etc…

Nous ne sommes pas extrémistes.

Nous nous battons pour défendre tout ce que la haine d’extrême droite qui s’est déversée contre moi cherche à détruire pour installer son autoritarisme.

Nous nous battons pour la justice sociale, l’entente entre les peuples, la paix, l’égalité, la liberté.

Je vais bien, vous l’avez compris. Et même si je continue de rester à distance, nous sommes ensemble.

No pasaran !

J’ai pour habitude de valider tous les commentaires qui me sont envoyés. Mais exceptionnellement ceux de ce billet ne seront pas publiés pour éviter de déclencher de nouvelles attaques.

Communiqué : la schizophrénie du gouvernement

Par Arthur Morenas, David Ammar, Laurent Ayrault et Julie Del Papa.

Une fois de plus, le gouvernement sème la confusion par sa position concernant l’exploration des mines d’hydrocarbures extrêmes.

Après s’être formellement opposé à l’exploration, l’extraction et l’exploitation des gaz et huiles de schiste, le ministre de l’écologie, M. Philippe Martin, a accordé le 7 septembre dernier quatre nouveaux permis de recherches « d’hydrocarbures liquides ou gazeux » en Alsace, en Moselle, dans les Landes et Pyrénées-Atlantiques, ainsi que celui du Nord-Cambrai, qui s’ajoutent aux permis dits « Valenciennois » et « Sud midi ».

Cette nouvelle doit nous alerter car ne nous leurrons pas : s’il ne s’agit aujourd’hui que de recherches, nous savons pertinemment qu’en cas d’évaluation positive, la suite logique sera l’exploitation de ces hydrocarbures.

Les lobbies pétroliers n’en sont pas à leur coup d’essai. En effet, si nous nous sentions protégés par la loi du 13 juillet 2011, ce n’est plus le cas depuis que le Conseil d’Etat a renvoyé devant le Conseil Constitutionnel le 12 juillet dernier la QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) qui vise les articles 1 et 3. Ceux-ci interdisent l’exploitation des mines d’hydrocarbures par fracturation hydraulique et abrogent les permis de recherche qui y ont recours. Le manque de cohérence du gouvernement, par manque de position claire, renforce ces lobbies qui sont désormais en embuscade et prêts à tout pour arriver à leurs fins. C’est notamment le cas à Jouarre (Seine-et-Marne) où le pétrolier américain Hess Oil a déjà commencé à forer.

Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de se mobiliser contre toute recherche d’hydrocarbures extrêmes ! Nous ne pouvons laisser la porte entre-ouverte aux lobbies pétroliers qui ne cherchent qu’à faire du profit au mépris de l’environnement.

Le Parti de Gauche dénonce les contradictions du gouvernement et demande au Ministre de l’Ecologie d’abroger et refuser toute demande de permis de recherche.
Nous serons mobilisés aux côtés des collectifs « non aux pétroles et gaz de schiste et de houille » et de toutes les forces de gauche et écologistes à l’occasion du No Fracking Day du 19 octobre prochain afin de faire front contre les gaz de schiste et de couche.

Communiqué : Mort d’un salarié du nucléaire : la « faute inexcusable » d’EDF

par Didier Thévenieau, Corinne Morel Darleux et Julie Del Papa.

EDF vient d’être condamnée pour « faute inexcusable » le 27 août dernier, suite à la mort d’un de ses employés en 2009.

Jean-François Cloix, après avoir travaillé pendant 30 ans comme agent chaudronnier à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly et après avoir été exposé à de faibles doses de rayonnements ionisants, est mort d’un cancer du poumon à l’âge de 53 ans. Le tribunal des affaires de sécurité sociale d’Orléans a jugé que « la maladie professionnelle dont était atteint Jean-François Cloix ayant entraîné son décès est la conséquence d’une faute inexcusable de la société EDF » et a estimé que la société n’apportait pas la preuve que le cancer de son employé n’était pas lié aux doses de radioactivité qu’il avait reçues, doses pourtant présentées par EDF comme inoffensives.

EDF avait toujours refusé de reconnaître la moindre maladie professionnelle, elle est cette fois mise par la justice face à sa responsabilité. Mais persistant dans son déni, EDF a annoncé vouloir faire appel de ce jugement. Pendant ce temps, invisible et inodore, sans que l’on en connaisse les conséquences réelles à long terme, la contamination radioactive continue de menacer quotidiennement de nombreux agents EDF et les 20 000 sous-traitants qui reçoivent 80% des doses. Ces travailleur-se-s, directement affecté-e-s aux travaux sous rayonnements, absorbent une dose individuelle moyenne par mois de présence en zone contrôlée 15 à 20 fois supérieure à celle des agents EDF.

La question de leur santé et de leur sécurité doit alors être urgemment posée. La politique de dilution des doses et des responsabilités derrière laquelle EDF se cache depuis des années doit cesser.

Le Parti de Gauche, entre autre dans sa contribution au Débat National sur la Transition Énergétique, attire depuis longtemps l’attention sur le délabrement de la situation des employé-e-s de l’industrie électronucléaire et ses conséquences sur la sûreté et la santé publiques. Il demande qu’une enquête parlementaire fasse rapidement l’état des lieux des conditions de travail dans l’industrie électronucléaire, particulièrement celles des sous-traitants, et que l’État joue son rôle de garant de la sécurité des travailleur-se-s et des populations.

Le Parti de Gauche salue la mémoire de Jean-François Cloix et le courage de sa famille. Il apporte son entier soutien à toutes celles et ceux qui luttent dans ce combat pour la vérité et la justice. Cette première victoire est un espoir pour de nombreux-ses travailleur-se-s qui non seulement souffrent de maladies liées à cette industrie mensongère, mais aussi de l’humiliation d’être renvoyés à l’indifférence. Elle est une alerte dont chacun doit prendre la mesure.

Nier la dangerosité du nucléaire aujourd’hui n’est plus une erreur mais une faute que la justice doit punir.