Féministe et contre l’abolition de la prostitution

Le titre est un peu provocateur, c’est vrai, et je sais que l’article ne va pas beaucoup plaire à certain-e-s de mes camarades, voire même les déranger… Et bien, tant pis ! La prostitution est un sujet qui fait débat au sein de la gauche, et même plus encore, au sein des mouvements féministes.

Ce qui est principalement dénoncé, c’est que bien souvent, les hommes et les femmes qui se prostituent, le font sous la contrainte d’un proxénète ou d’un réseau. Les prostitué-e-s sont considéré-e-s comme des marchandises… Bref, à la limite de l’esclavage humain. Certains, comme Richard Poulain dans son enquête (2005) estiment que c’est le cas pour 85 à 90% des prostituées. Dans la grande majorité des sociétés, il existe des lois qui l’interdisent. Seulement, les moyens ne sont pas toujours suffisants pour les faire respecter… Et se battre pour l’abolition de la prostitution ne doit pas nous empêcher de nous battre pour que ces moyens soient mis en place, car le problème de la prostitution forcée n’a rien à voir avec l’abolition de celle-ci. En France, le proxénétisme est déjà puni par la norme pénale (sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende). C’est donc un problème international, qui dépasse le seul cadre de la législation française. Abolir la prostitution en France créera alors une clandestinité plus importante car il a déjà été montré que la prohibition augmente le trafic illégal et favorise l’émergence de mafias, comme c’est le cas avec les drogues, le cannabis, etc… Donc croire qu’en interdisant la prostitution on arrêtera le proxénétisme et l’esclavage des femmes, est une illusion dangereuse qui créera encore plus de précarité et de misère pour celles qui le feront dans la clandestinité. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe en Suède  depuis que la loi est passée, en 1999 : « Selon la police, le commerce sexuel dans la rue a diminué de moitié en Suède, mais globalement, il reste au niveau qu’il avait avant la promulgation de la loi, mais est devenu, en grande partie, clandestin. Il s’est déplacé dans les hôtels et les restaurants, ainsi que sur Internet et au Danemark. Selon les services suédois de police judiciaire, il est devenu plus violent. Ces services s’inquiètent particulièrement de l’arrivée dans la profession de femmes étrangères, souvent entièrement contrôlées par des proxénètes. […] Malgré plus de 2.000 arrestations, à peine 59 clients ont été soupçonnés de s’être procuré les services de travailleurs du sexe. Seulement 2 condamnations ont été enregistrées après que les auteurs ont plaidé coupables. Aucune peine d’emprisonnement n’a été prononcée en vertu de la loi, et seules des amendes dérisoires ont été imposées. Les délits sont pratiquement impossibles à prouver. De plus, les travailleurs du sexe ne se considèrent pas comme des victimes et hésitent souvent à témoigner contre leurs clients.» (rapport de la commission mondiale sur le VIH et le droit, 2012).  

Aussi, nous entendons souvent les abolitionnistes dire que la prostitution, c’est le viol. Rapide définition : le viol est un « rapport sexuel imposé à quelqu’un par la violence, obtenu par la contrainte, qui constitue pénalement un crime ». Alors comment peut-on faire un raccourci aussi grave ? Oui, grave, car cette violence n’est pas due au fait qu’elles se prostituent, mais à leur situation précaire : elles ne sont pas protégées par la loi. Les prostituées sont souvent stigmatisées, ce qui les rend encore plus vulnérables. Oui, il arrive souvent qu’une prostituée se fasse violer. Si l’on fait voter une loi pour l’abolition de la prostitution, elle serait donc interdite, et punie car illégale. Nous savons pourtant que ce n’est pas cela qui va empêcher les femmes et les hommes de se prostituer (si tout le monde suivait la loi, cela se saurait). Donc, imaginez que la prostitution soit interdite, qu’une prostituée continue son activité malgré tout, et qu’elle se fasse violer… Elle ne pourra même pas aller le déclarer et porter plainte ! En outre, pour en revenir à l’argument « prostitution = viol », si l’on affirme qu’une prostituée se fait « violer » à chacune de ses prestations, c’est dire que les clients sont des violeurs, et c’est aussi dire que, le jour où elle se fera vraiment violer, cela ne changera pas car : « vous vous faîtes violer tous les jours, qu’est-ce qui est différent aujourd’hui ? Ah, il n’a pas payé ? Ce n’est pas un viol, c’est du vol. ». Voyez les dégâts… En plus de cela, le vrai violeur devient un client. Ainsi, lorsque l’on dit qu’une prostituée se fait violer tous les jours, à chacune de ses prestations, nous nions les véritables viols et nous banalisons leur souffrance.

Les abolitionnistes disent aussi que la prostitution est une atteinte à la dignité de la femme (ou de l’homme) car la prostituée « loue » son corps, la sexualité est tarifiée, sans plaisir, imposée, etc… La prostituée est alors une victime. Mais je me pose quand même une question : la dignité de la femme se définit-elle en fonction des pratiques sexuelles de celle-ci ? Affirmer cela reviendrait à imposer une vision de la sexualité limitée. Or, nous n’avons pas tou-te-s le même rapport à notre corps. Le véritable problème qui est posé là est en effet celui de la liberté de tous les êtres humains à disposer de leur corps. Dans chacun des métiers que nous faisons, nous avons soit besoin de penser, réfléchir, raisonner, ou alors utiliser sa force physique, son don (pour l’art par ex.). On se sert de notre intelligence, de notre corps… Alors pourquoi ne pourrait-on pas se servir de notre sexe si des hommes et des femmes ont ont envie ? Je sais que je parle de cas minoritaires, mais ils existent. Pourquoi leur interdirait-on d’échanger des relations sexuelles contre une rémunération ? Le sexe serait-il plus « sacré » ? Si ce n’est pas pour cette raison, alors pourquoi ? C’est une vraie question car je ne vois pas où serait le problème si des femmes et des hommes font ça parce qu’ils en ont envie…

Le problème de la prostitution est un problème de reconnaissance de cet état de fait comme d’un métier. Le problème est celui du choix « libre ». Oui, ce sont majoritairement des femmes pauvres qui se prostituent, par contraintes économiques. Oui, la prostitution touche avant tout les classes les plus défavorisées (femmes, transsexuel-le-s, sans-papiers, etc…). Oui, il y a des séquelles. Oui c’est un problème. Mais la misère n’est pas qu’économique et un parti de gauche doit s’intéresser à toutes les misères. Il y a aussi la misère sexuelle. En interdisant la prostitution, quels recours auraient celles et ceux qui n’ont que ça pour satisfaire leurs désirs pour le moins naturels et légitimes (une petite précision s’impose : je ne veux pas dire par là que la sexualité, en particulier celle des hommes, et pulsionnelles donc incontrôlables, et devrait donc être « évacuée » par le biais de la prostitution ou autre…) ? La castration chimique ? La souffrance perpétuelle dans la frustration délirante ? Le risque de voir ces pulsions (chez une minorité certes, mais réelle) se transformer en violences ? Et si le problème de la prostitution est celui du travail et de la sexualité, comment envisager le porno, les strip-tease, etc…? Un parti de gauche voudrait-il aussi interdire toutes les représentations sexuelles tant qu’elle ne concerneront que les femmes ? Voudrait-il être plus pudibond que les mères patronnesses de XIXème ?

Je n’ai évidemment pas la solution à tous ces problèmes que pose ce sujet. Comme Jaurès l’avait défendu à la fin du XIXème et au début du XXème siècle pour l’abolition du salariat, il ne s’agit pas seulement de vouloir détruire tout le système, non, mais de voir sur le long terme, en passant d’abord par l’amélioration des conditions de travail des salariés, par des moyens légaux. Donc, au lieu de vouloir faire disparaître quelque chose qui dérange, comme c’est le cas pour la prostitution, nous devrions ré-ouvrir le débat, car il ne l’est pas ou très peu. Nous sommes trop souvent encore face à des dialogues de sourds, où aucune réflexion collective n’est possible. Voyons ce qu’il se fait dans d’autres pays, parlons avec les prostituées, luttons à leurs côtés au lieu de les stigmatiser, et donnons leur au moins des droits, pour protéger ces femmes et ces hommes… au nom du féminisme et de l’égalité.

Un énorme merci aux abolitionnistes du PG sans qui je n’aurais eu envie d’écrire cet article ! Et plus sérieusement, aux personnes qui m’ont aidée à le rédiger ;-)

56 réflexions au sujet de « Féministe et contre l’abolition de la prostitution »

  1. parfaitement d’accord avec toi en vision totale avec le Planning Familial , bien que;……………………………………..

  2. DEVONS NOUS AJOUTER DE LA MISÈRE A UNE AUTRE MISÈRE TELLE EST LA VRAIE QUESTION? La misère sexuelle est aussi un fléau de notre « nouvelle société et la pénalisation du client ne résoudra pas le proxénétisme et les servitudes esclavagistes déjà illégales de part la loi…

      • Si les pays où la prostitution est permise étaient exemptés de viols et agressions féminicides, cela se saurait- Je crains que votre logique ne reste qu’une excuse à votre recours.

      • Apprends-moi donc comment j’ai vécu, tu dois connaître tout cela bien mieux que moi. Je sais ce que je dis. J’étais extrêmement agressif. On ne peut tout de même pas envoyer tous les clients chez le psychiatre, on ne s’en sortirait plus. La femme qui n’a pas de succès se satisfait elle-même, rapidement, à fond, bien mieux qu’avec un homme, et passe à autre chose. L’homme, lui, a envie d’un véritable corps. Je ne dis pas que c’est mieux ou pire, mais les sexes réagissent différemment aux désirs sexuels. Par exemple une femme harcelée trouvera cela pénible, un homme le trouvera rigolo. Nous sommes différents. Si les ligues de vertu continuent comme cela, on interdira bientôt l’érection sous peine d’amende. Vous vous croyez sans aucun doute attirantes et agréables. C’est faux. Vous êtes revêches et moralisatrices, vindicatives et ironiques. Je suis très heureux d’avoir autrefois connu des prostituées généreuses, accueillantes et aimables. Nous ne sommes pas, contrairement à vous, des fanatiques de la masturbation et de la moquerie. Quant aux hommes qui réussissent à se faire aimer des femmes, la question n’est pas là, qu’ils se réjouissent, et laissent en paix les autres se débrouiller comme ils peuvent.

  3. « rapport sexuel imposé à quelqu’un par la violence, obtenu par la contrainte, qui constitue pénalement un crime » et la misère sociale n’est évidemment pas une violence, pas même une contrainte. Suis-je bête.Toutes les putes et gigolos se vendent pour le plaisir. Évidemment. Mais quel con je suis de ne pas y avoir pensé avant.

    en attendant vas jeter un œil la-dessus et on en reparle http://pgpaysaix.fr/?p=16

  4. Avec les maisons closes et les centres industriels d’abattage ou les plus chics maisons de massage, tout cela de tolérance…, elles fuiront encore plus le contrôle, la maîtrise, l’enfermement, les proxénètes dans des paradis artificiels ou en des lieux plus bucoliques, comme cela c’est toujours fait- Une réglementation ne rendra pas plus responsables les clients qui pas plus ne mettront le condom ! Quand ils ne veulent pas, ils vont voir l’autre, jusqu’à ce qu’ils trouvent, légalisation ou pas, contrôle ou pas, sanction ou pas.
    Distinguons le servage sexuel (prostitution) de l’esclavage sexuel (traite), les deux faces inégales de la médaille (coutume de privilège des seigneurs à abolir) – voir carte F http://susaufeminicides.blogspot.fr/2013/01/planetarium-des-feminicides.html

  5. La position défendue dans votre article mérite certainement deux ou trois éclaircissements tant certains raccourcis sont hasardeux pour ne pas dire de mauvaise foi.
    La question de la prostitution se résume en deux visions totalement opposées et inconciliables: d’une part, pour les abolitionnistes, il s’agit d’une atteinte à la dignité humaine et à l’indisponibilité du corps; d’autre part, pour les légalitionnistes, il s’agit de la liberté de disposer de son corps.

    Bien que je n’ai moi même jamais réussi à trancher définitivement la question, la question qu’il convient de se poser est celle du choix entre la position que l’on peut considérer comme idéologique (au sens noble du terme) consistant dans l’abolition, et celle de ceux qui se veulent pragmatiques et qui consiste en l’organisation de la prostitution (notamment par les maisons closes) et permettant une « protection » dans les conditions de « travail ».

    Une fois de plus, si je n’ai pas réellement tranché en mon for intérieur, cette épineuse question, il me semble que le critère déterminant ici est celui de la vulnérabilité économique (la même réflexion peut être appliquée à la GPA). En effet, qui peut légitimement croire qu’une personne, homme ou femme, consent librement à se prostituer si celle-ci n’était pas dans une situation d’extrême vulnérabilité? Plus que l’atteinte au corps, c’est une atteinte à l’humanité même de la personne prostituée qui est ici effectuée.

    Quant à la question à l’argument de la substitution d’une misère (économique) à une autre (physique/mentale/sexuelle) s’agissant des clients, je trouve l’argument proprement scandaleux. Non pas parce qu’il peut s’entendre au regard du client lui même, mais parce qu’il suppose la soumission pour ne pas dire l’asservissement d’une personne, et donc l’organisation potentielle de celle ci, à une autre par nécessité économique.

    Je trouve votre article relativement ironique de la part de quelqu’un qui s’inscrit dans le mouvement de la soit disant « vraie » gauche, défendre une position qui érige en principe la soumission économique.

    • Moi ce qui me gêne, c’est de voir autant de personnes parler de la prostitution, de ce que vivent les prostituées, sans être elles-mêmes.
      Que savez-vous des raisons qui poussent des personnes à se prostituer ? La contrainte économique… A la bonne heure ! J’avais oublié que tous les salariés de ce monde le font pour le simple bonheur de se lever tous les matins se faire exploiter par un patron.

      Je suis d’accord pour interdire la prostitution, si on interdit dans le même temps le salariat. Là oui, ce serait cohérent ! Mais si l’on interdit la prostitution, sans pour autant proposer un changement radical de société, alors les personnes qui ont besoin de la prostitution pour vivre, continueront, mais dans des conditions plus mauvaises. Quel progrès !

      Pourquoi ne pas admettre que certaines personnes, préfèrent :
      – choisir leurs horaires
      – leur tarif
      – ne pas avoir de patron
      même si cela implique d’avoir des relations sexuelles sans désir ? Sans compter que l’on peut trouver de l’excitation à coucher avec un inconnu (c’est mon cas), mais je ne souhaite pas faire passer la prostitution pour un monde tout rose et gentillet, car ce serait cracher à la gueule de celles qui le vivent comme une violence. Mais pensez-vous que ces mêmes personnes ne vivraient pas la salariat comme une violence toute aussi grande voire pire ?

      Penser la prostitution, en dehors du contexte sociétal dans lequel on est, c’est au mieux faire preuve de bêtise, au pire de cynisme.

      Et je précise que je suis une pute. Ocasionnelle certes, mais pute quand même.

  6. Salut !
    Cool qu’il y ait des voix dissonantes là dessus au FDG …
    J’suis d’accord avec l’essentiel de ton texte. Notamment la dénonciation de la comparaison indécente avec le viol qui sous entend que les putes sont là pour se faire violer, ou la critique de l’imposition d’une norme sexuelle disant ce que les femmes doivent faire de leur corps. Par contre c’est bizarre de critiquer les normes sur l’usage que les femmes doivent faire de leur corps, pour ensuite dire que ça doit à terme disparaitre (je ne sais pas ce que ça veut dire en pratique …) ou que la loi doit protéger les putes (alors que c’est justement l’idée que la loi doit protéger les putes qui permet de dire qu’il faut les libérer/abolir/réinsérer). Aussi, sur le proxénétisme, j’pense que c’est un peu plus compliqué que ça. La vision dominante du proxénétisme est celle reportages de TF1 ou M6 sur les « réseaux du crime » … Dans les faits, il y a une pluralité de cas. Ca peut être le passeur qui se fait payer pour le voyage mais qui ne demande plus rien une fois que tout est payé (pour éviter cela il suffirait juste d’ouvrir les frontières), le mec qui exploite une esclave (contre qui il faut lutter, dans le cadre de luttes avec les travailleurs et travailleuses du sexe), ou même ceux qui se contentent de louer un appartement ou même d’aider une amie et qui peuvent être inculpé de proxénétisme). J’pense qu’il faut faire gaffe à ce dont on parle quand on utilise le mot « proxénétisme ». Je pense notamment qu’il faut dénoncer la définition légale du « proxénétisme » comme le fait de tirer profit de la prostitution, ou même d’aider quelqu’un à se prostituerOn doit pouvoir donner des capotes, conduire une amie sur son lieu de travail ou être hébergé par quelqu’un qui gagne sa vie de la prostitution sans risquer de se faire emmerder …. « Les proxénètes » ne forment pas une entité homogène qui contrôlerait tout, et imaginer un grand complot sert aussi à légitimer la politique de l’Etat. Comme lorsqu’on considère que les consommateurs de drogues doivent être libérés de la mafia, ou que les filles voilées doivent être libérées du complot islamo-fasciste. Et je ne parle pas du Mouvement du Nid qui s’oppose à la régularisation des sans papiers parceque cela aiderait les proxénètes qui feraient rentrer des personnes poru se prostituer en France …

    • Je suis assez d’accord avec Vivian, mais pour ne pas être trop sur ce sujet,je crois qu’il serait « utile » de pouvoir en débattre-calmement-tout en sachant que l’on peut assi donner une position plas »carrée »…il reste donc à trouver le lieu idoine pou en parler,c’est déja bon de pouvoir le faire ici…
      Gérard

  7. Bonsoir, J’ai vraiment aimé ton article et l’ouverture d’esprit qui s’en dégage. J’aime cette ecriture sans agressivité qui lui donne cette force. Je pense qu’il est important de prendre le problème par le début. L’urgence! Encadrement des prostituées sur le terrain par des medecins et association: dépistage / prévention/soins. Fichage des réseaux internationaux et réseau locaux. Intervention interpole… europole … Recenssement et travail sur le STATUT « juridique » de ces etres humains incluant un suivit sur le terrain, régulier avec soutient psy.
    Prévention envers les clients qui ne sont pas des bêtes sauvages; peut etre votre mari votre femme, vos enfants ou vos ami e s.
    Condamnation exemplaire des proxo. Déja cela fera un tri.
    Et enfin uniformisation de la loi européen en faveur des prostitués. Je suis contre l’abolition qui est la politique de l’autruche.

  8. Je comprends ou tu voudrais en venir en disant que nous sommes libres de faire ce que nous voulons de notre sexualité (ou sexe si tu préfères) mais ça ne s’arrête pas a celà: la prostitution est la perte de notre dignité. Sans dignité il est pas tellement possible d’avancer..

  9. Bonsoir, merci pour l’article et pour les commentaires, c’est un débat pas facile. Moi aussi je pense aux effets pervers qu’aurait la prohibition. J’en parle parfois sur mon blog, http://mademoidame.blogspot.com. J’aime bien essayer de réfléchir à des sujets difficiles. Oui, on peut être féministe et sceptique quand à l’intérêt de pénaliser les clients des prostitué(e)s. L’esclavage économique existe; c’est sûr, mais il n’est pas que sexuel. Il me semble que si les abolitionnistes allaient au bout de leur logique, ils/ elles devraient vouloir abolir le capitalisme tout entier. Or, ils s’indignent de la prostitution sur de beaux gadgets fabriqués par des esclaves en Chine ou ailleurs, ils ne voient peut-être même pas où est le problème, moi, si. Au plaisir.

  10. Ce titre me plaît bien, car j’ai longtemps cru être la seule à être contre l’abolition ET féministe.

    Cela dit, on ne peut parler de prostitution au singulier, car il y en a plusieurs. Il n’y a cependant pratiquement qu’un seule raison : la précarité financière.

    En effet, si on s’arrête à la dame qu’on rencontre au coin d’une rue ou à l’orée d’un bois dans un camion, on a tendance à passer sous silence ces étudiantes qui, pour mener à bien leurs études sont obligées de louer leurs corps, via Internet, ou à la terrasses d’un bar ; puis la mère de famille, qui quelques heures par jour se rend dans une « maison » pour faire manger sa famille, sans oublier bien sûr ces gamines issues de pays en guerre ou en voie de développement (comme on dit), débarquées soit par leurs propres moyens, soit par un souteneur …
    On le voit, l’origine est souvent la même : l’insuffisance économique. Car il y a, quoiqu’on en dise peu de femmes (ou d’hommes) qui se prostituent par « plaisir ».

    L’abolition serait une vaste fumisterie : ajouter la précarité à la précarité.

  11. Tout a fait d’accord avec l’article. Si on l’appelle « le plus vieux métier du monde », c’est bien parce que de tous temps, dans de nombreuses civilisations, il y a eu des prostitué, et ça n’est pas près de changer.
    C’est la misère sociale qui les pousse à faire ce métier ? Moi, c’est la menace de la misère sociale qui me pousse à travailler, et personne n’essaye d’abolir le travail. Et si, plutôt que d’interdire la prostitution, c’est à dire le gagne pain de ces gens, on luttait contre la misère sociale ? Plutôt que de l’accentuer ?

  12. Je crois qu’il y a ici une confusion entre ce qui est une vulgaire et stupide politique prohibitionniste et une politique abolitionniste cohérente et globale… Il suffit de lire les propositions du Mouvement du Nid pour s’en rendre compte : http://www.mouvementdunid.org/-Qui-sommes-nous-
    Sinon, je suis inquiet que des militant-e-s de gauche ne soient même plus capables de s’opposer, au moins en principe, à un système oppressif qui est à la jonction du patriarcat et du capitalisme. De plus, vouloir à terme l’abolition n’a rien à voir avec une soi-disant remise en cause de la liberté sexuelle. (Cela ne va même pas contre la « liberté » de vendre son corps puisqu’il s’agit d’interdire ou de limiter l’achat…)
    Une dernière remarque : ce n’est pas le désir sexuel qui motive en premier lieu le « client ». C’est le désir de dominer qui est réellement déterminant, le désir de prouver qu’on peut s’approprier le corps et l’intimité d’autrui grâce à son statut de dominant…

    • Absurde.Je désirais, et ne trouvais personne. Vous croyez que c’est drôle pour un timide de se retrouver sans cesse tout seul ? Les hommes réagissent différemment des femmes. Celle-ci va s’astiquer toute seule et passera à autre chose, l’homme sera malade de ne pas avoir quelqu’un en vrai. Mille excuses d’être différents…

      • Je pense que la « différence sexuelle » dont vous parlez, n’est qu’une différence d’éducation.
        Je suis une femme et j’ai parfois des moments de manque très intenses, pour autant je n’ai jamais eu envie d’agresser un homme, parce que je n’ai pas été éduquée dans l’idée que le corps des hommes m’est dû et qu’il doit me satisfaire.

        Vos propos ne font que donner du grain à moudre aux abolos/prohibos. Je suis pute, féministe et totalement en désaccord avec vos propos.

        D’ailleurs, si les prostituées ont besoin de plus de droits et de plus de reconnaissance, ce n’est pas pour défendre leurs clients, mais pour pouvoir mieux se défendre d’eux… la nuance est d’importance.

  13. La prostitution est le commerce du corps, elle est la plupart du temps subie (comme le temps partiel ou le chômage). C’est l’ultime solution de survie pour payer sa dose, payer ses études ou survivre. Elle constitue effectivement un viol, en ce sens que le rapport sexuel est induit par la violence sociale du monde capitaliste. Peut être y a t’il parmi l’ensemble des femmes et hommes contraints à « exercer cette activité » certains qui le feraient par choix et sans marchandisation, cela est une autre histoire. Mais si l’on supprime ceux qui y voient une solution de survie par défaut et ceux qui justifient après coup ce choix pour le rendre supportable, est t’on sûr qu’il reste beaucoup de monde? Peut être… Effectivement, la solution n’est pas l’interdiction, la solution ne vient que rarement de la répression, elle vient de la prévention et de l’action sur les causes qui rendent contraignante cette activité: le capitalisme qui rend tout marchandise et l’image sociale de l’humain comme objet sexuel réduit au corps ou pire encore comme esclave sexuel. Pour lutter efficacement contre la marchandisation des corps, il faut abolir le capitalisme et l’image sociale normative qu’il induit en réduisant l’humain à un objet comme un autre.

  14. Entériner par règlement, donc légaliser (faire entrer la coutume dans le droit) permettra ensuite qu’entrent plus avant tout les néoservices (voulus par directive Bolkestein), au nom du « care » –

    Mais aussi, contrôler les prostituées, les encarter, les gérer, c’est cela la liberté ? Non, et elles vont continuer à prendre des risques pour se prostituer à leur guise avec les dangers que cela comportera encore plus grands.

    De plus, comment imaginer institutionnaliser les proxénètes et donc le proxénétisme, comme en Suisse déjà où maisons de massage pullulent ? Inimaginable.

    Donc le féminisme remet plus en cause du système patriarcal, dont l’une des coutumes de privilège phallocrate est le servage sexuel (prostitution) et l’esclavage sexuel (traite) ? Liberté sexuelle ? Où ça ?

    De plus ,l’on ne pourra plus rien faire contre la prostitution en dessous de dix-huit ans, si l’on ne prend pas partie d’abolir ce privilège http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/03/feminicides-prostitutionnels-aggraves.html

    • On peut vouloir la légalisation de la prostitution et être contre les maisons closes et le proxénétisme.
      Je ne sais pas s’il y a des prostituées en France qui rêvent d’un système à l’allemande ou à l’espagnole, mais j’espère que non ! Ces pays ont choisi la solution capitaliste, et les grands patrons de l’industrie du sexe se frottent les mains.
      Mais l’on peut vouloir qu’il soit possible d’ouvrir des maisons gérées par des prostituées elles-mêmes, à condition qu’il n’y ait pas de patronne mais des indépendantes qui s’associent pour avoir un lieu de travail commun (c’est aujourd’hui impossible à cause de la loi sur le proxénétisme, qui englobe l’entraide entre prostituées).
      On peut vouloir ne pas être pénalisées dans notre activité et donc ne pas devoir baisser les tarifs ou accepter des pratiques à risques.

      Si l’on veut abolir la prostitution, il faut aussi abolir le mariage.

  15. Ce qui est d’abord formidable, c’est de créer le débat, et on voit ici dans les commentaires qu’il est ouvert, et serein et respectueux malgré toutes les contradictions. Bref, quant à moi, je préfère ne retenir que la question de la dignité humaine qui n’a rien à voir avec la liberté sexuelle, et l’humanité. Est-on bien certain que la-le prostitué-e a fait librement le choix d’exercer un tel métier ? Et pourquoi pas éboueur, surveillant de prison ou tout simplement caissier-e à Auchan ? Le choix n’est que rarement le choix.
    Mais merci et bravo pour cet éveil des consciences.

    • Non bien sûr, toutes ne le font pas par envie. C’est le cas pour la plupart des prostitué-e-s. Mais il y en a pour qui c’est un choix, et elles/ils assument, car c’est un travail qui leur plaît. En tant que militants de gauche, nous devons tout faire pour que, celles et ceux qui se prostituent par contrainte économique seulement, puissent trouver un travail qui leur convient mieux, même si c’est difficile. Une fois cette question réglée, les hommes et les femmes qui souhaitent continuer leur activité, pourquoi n’en auraient-ils pas le droit ?
      Mais avant tout, donnons leur des droits, comme tous les travailleurs. Pour qu’elles/ils puissent toucher une retraite convenable, qu’elles/ils puissent se défendre. Supprimons le délit de racolage. Protégeons les prostitué-e-s, car c’est aussi ça le féminisme : défendre toutes les femmes :-)

      • Ah, ah voilà une suggestion qu’elle est bonne, un statut ? pourquoi pas…
        Cela éviterait une bonne part la prohibition et tous les maquereaux qui tournent autour de la prostitution, pour le fric et l’exploitation indécente…
        Comme le porno qui forme un réseau vers cette prostitution et çà on peut l’interdire, n’oublions pas que c’est un aristocrate qui leva la/les censures, divisions pour règner ?

  16. Ping : Abolir la prostitution, provoquer ma consternation | Rock'n'Rouge

  17. De gauche non socialiste, je suis interpellée par l’argumentaire développé sur ce blog. Je ne ferai pas une liste exhaustive de mes observations, j’irai à l’essentiel.
    Dans la forme, je ne comprends pas toujours votre propos. La phrase « Et se battre…avec l’abolition de celle-ci » me paraît elliptique. Je ne saisis pas non plus le sens du « C’est donc… » qui suit la présentation du cadre légal du proxénétisme en France.

    Dans le fond, je vois des limites à vos analyses :

    1. Une confusion entre corrélation statistique et causalité. D’une part, les statistiques que vous évoquez sont contredites par les travaux d’enquêtes suédoises sur la question (http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp). D’autre part, la légalisation de la prostitution aux Pays Bas, en Belgique ou en Espagne (grande industrie du sexe) s’accompagne de l’élargissement des réseaux mafieux de la drogue, véritables produits dérivés de ces marchés. Elle légalise le proxénète qui peut étendre son activité sans contrainte.

    2. Le contrat librement consenti ne peut faire loi….

    Qu’est-ce qu’un choix libre ? Les libertariens s’appuyant sur l’idéologie ultralibérale d’un Friedrich Hayek, par exemple défendent la liberté individuelle à tous égards et considèrent que seule la coopération volontaire entre les individus, et non la coercition étatique, devrait servir de fondement aux relations sociales et économiques. Ils justifient au nom du marché et du contrat libre la prostitution, le commerce de la drogue….je suis surprise de retrouver ce paradigme repris (incorporé ?) par la plume d’une militante du PG.
    Devra-t-on autoriser la vente de rein ou de rétine, de marié(e)s parce qu’ils seraient consentis librement ? On peut imaginer un chômeur acceptant de désamianter sans protection pour 400 euros par mois, Cela suffit-il à autoriser un tel contrat ?

    3. La loi n’est pas l’application de la loi :

    La loi donne une norme juridique souvent portée par la norme sociale organique (la loi était consensuelle en Suède : près de 80% de la population y était favorable) ou la construisant ex-post (loi sur l’abolition de la peine de mort par exemple). Cela ne lui confère pas pour autant un caractère punitif. Ces normes instituent un continuum citoyen, un espace commun, une dimension de l’altérité. Il ne me paraît pas régressif d’abolir la prostitution car la loi inscrit durablement l’interdit, le dépassement du « ça » pulsionnel.
    (S’agit-il d’un lapsus dans votre texte?).

    4. Une réponse à la misère sexuelle ?

    Les prostitués fourniraient un service social minimum pour les miséreux de la sexualité. Cela suscite plusieurs interrogations : pourquoi cette misère serait-elle masculine ? Ne fait-on pas un amalgame entre misère sexuelle et solitude sociale conduite par le long fil historique de l’individualisme, de l’utilitarisme moderne, de l’éthique du contrat libre…….celle que vous semblez appeler de vos vœux dans la marchandisation des corps. Les consommateurs de services sexuels sont-ils véritablement les exclus de la sexualité non marchande ? Selon une enquête du NID menée en 2004 et publiée en 2006 (Claudine Legardinier et Saïd Bouamama, Les clients de la prostitution. L’enquête, Paris, 2006), environ 37 % des clients interrogés vivaient en couple et 71 % avaient vécu en couple. Par ailleurs, plus de 50 % des clients sont pères de famille. Enfin, toutes les catégories sociales sont représentées dans l’échantillon, les couches les plus aisées l’étant davantage du fait du coût du recours à la prostitution.

    5. La prostitution peut-elle être un métier ? Cela suppose des dispositifs de formation, des grilles de qualification, une convention collective. Je sais bien que l’Espagne a ouvert la brèche avec ses premiers cours de prostitution tandis que le chômage des jeunes atteint des niveaux record. La prostitution est-elle un travail ? Est-elle porteuse de richesse socialement reconnue ? Elle semble accompagner les situations anomiques comme signe ou peut-être comme cataplasme perçu comme un mal nécessaire pour certains…je ne peux la souhaiter.

    6. Peut-on dire que la prostitution est un métier avec le corps comme beaucoup d’autres métiers pourtant autorisés (kiné, médecin, chanteur…) ? Je ne le crois pas. Il y a des dimensions publiques et privées dans le corps. Aucun métier n’exige de convoquer l’intime…pas même le psychiatre qui précisément a fait un travail de barrière sur lui-même, pas le médecin …

    7. Elle a toujours existé…comme l’esclavage jusqu’à la loi ! Ce qui bien sûr ne met pas un terme à des situations de délinquance.

    8. L’abolition rendrait la situation des prostitués plus dangereuse. Sans prohibition, le proxénétisme, la drogue, l’activité placent déjà les prostitués en danger pour elles-mêmes et pour les autres. Les préservatifs usagés sur l’espace public, les seringues, les MST, la proximité de la vie ordinaire (beaucoup d’enfants passent ici à Lyon dans le quartier de Gerland par le chemin des camionnettes pour aller à l’école, certains sont choqués, inquiétés…) font de la prostitution de rue une véritable nuisance. La concurrence les conduit déjà à prendre des risques pour un gain supplémentaire. Que faudrait-il faire ? Mettre un nouveau service de contrôle et de réglementation ? Autoriser les grands distributeurs du sexe avec des videurs ?

    Je vois plus de risques à la réglementation qu’à l’abolition. Protéger les femmes, ce n’est pas autoriser la prostitution, c’est en comprendre les racines. Les femmes ne peuvent être des instruments même consentis. Cela n’affecte pas que le sort des prostitués mais de toutes les femmes car une prostitution institutionnalisée, féminine mais commandée par des hommes, inscrit dans la loi la domination masculine, la maîtrise du corps des femmes, de leur intimité inédite et inacceptable.

  18. Bon, commençons, je suis pour « l’abolition » de la prostitution, tout comme mes ancêtres étaient (je l’espère) pour l’abolition de l’esclavage.

    La prostitution est un avilissement du corps Humain. Je milite dans un parti qui est pour l’émancipation, la prostitution en est tout l’inverse. Elle soumet un être Humain au dictact de l’argent, rien à voir avec une personne Libertine passant d’un corps à un autre juste pour le plaisir et la jouissance. Dans la prostitution, peu de prostitué-e-s jouissent, le plaisir, si tant est qu’il y en ai un, n’est que pour le ou la client-e-.

    Par ailleurs, la prostitution n’est qu’une autre forme d’esclavage. Interdire la prostitution ne veut pas forcément dire qu’il faille « verbaliser » les prostitué-e-s. Les personnes qui doivent être sanctionnées sont les « Macs » qui profitent et exploitent la misère financière de leurs prostitué-e-s, et avec violences physiques si elles/ils ne se soumettent pas.

    Alors OUI, Camarade Julie, et autres Camarades, je suis POUR l’abolition de l’esclavage (car ça s’apparente cela) qu’est la prostitution et POUR SANCTIONNER LES MACS. Je suis et je resterai TOUJOURS, CONTRE LA MARCHANDISATION DU CORPS HUMAIN !!!!!!!!

  19. Un post qui fait à ce point écho à mes propres interrogations et à la façon dont je tente d’y répondre, ça mérite bien un commentaire.

    Je suis d’accord pour dire qu’il faut laisser tranquilles les personnes qui se prostituent volontairement et s’attaquer aux contraintes économiques pour faire disparaitre la prostitution forcée. Après, avec la prostitution volontaire, il reste le problème de l’aliénation : prendre du plaisir à être une marchandise ou un consommateur sexuel implique d’avoir intériorisé la logique capitaliste dans ce domaine là aussi. Mais en affaiblissant les contraintes économiques, on affaiblit le capitalisme lui-même, donc la cause de l’aliénation.

    Qu’on élimine la prostitution forcée en donnant des droits à celle qui est volontaire, qu’on en fasse un des terrains du combat contre le capitalisme et à mesure qu’on se débarrassera des aliénations qu’il provoque, la prostitution volontaire et sa clientèle se fondront peu à peu dans le simple libertinage.

    Pour l’instant, j’en suis là.

  20. Ping : Prostitution | Pearltrees

  21. En homme de justice et de progrès, je suis  pour une société égalitaire entre les femmes et les hommes.
    Et, je déplore et condamne aussi, évidemmemt, les violences faites aux femmes. Mais…
    Je ne partage pas complètement l’analyse et les commentaires des abolitionnistes sur la prostitution.

    Pour des raisons personnelles, je connais très bien le milieu prostitutionnel. Je suis donc profondément agacé de lire et d’entendre tout et n’importe quoi sur le sujet.

    On parle d’abolir la prostitution.
    Mais quelle prostitution ? Il n’y a pas une, mais des prostitutions (genres, formes, niveaux).
    Et, curieusement, dans le débat actuel, je constate qu’on se focalise sur la prostitution féminine, la prostitution masculine n’étant jamais prise en compte.
    Doit-on alors considérer l’abolition de la prostitution comme étant celle de la prostitution féminine ?

    C’est certainement la raison pour laquelle les abolitionnistes, manifestement prohibitionnistes, développent une rhétorique ignorant purement et simplement tout ce qui ne rentre pas dans leur schéma idéologique d’une prostitution comme une violence faite aux femmes (hommes se prostituant, femmes clientes, etc.).

    Je suis farouchement  contre le trafic des femmes, les réseaux mafieux et le proxénétisme.     
    Par contre, si une femme ou un homme veut se prostituer, je ne vois pas au nom de quelle règle institutionnelle on pourrait lui interdire. C’est une forme de liberté individuelle de la personne.

    Beaucoup de gens, de médias, de politiques et de spécialistes de la question parlent de la prostitution sans vraiment la connaître.
    J’ai lu le rapport de Madame Bousquet et de Monsieur Geoffroy relatif à la résolution sur l’abolition de la prostitution.
    Je suis en profond désaccord sur certains chapitres. Mais deux d’entre eux, par nanque d’objectivité, me choquent particulièrement.

    En premier lieu, dans le domaine de la prostitution, il est impossible de mettre des chiffres fiables.
    Les statistiques provenant du Ministère de l’Intérieur concernent uniquement la prostitution de rue (et encore la plus voyante).

    En deuxième lieu, la prostitution masculine ne correspond pas à la réalité. Beaucoup d’inexactitudes et de mensonges l’entourent.
    Elle existe sous deux formes principales :
        – L’une homosexuelle (travestis, transgenres, homosexuels,…).
    Elle s’adresse à une clientèle masculine.
        – L’autre hétérosexuelle (gigolos, escorts-boys,…).
    Elle s’adresse à une clientèle féminine.

    Cette dernière (j’ai pratiqué cette activité) est particulièrement gênante pour les associations abolitionnistes et certains mouvements féministes.
    En effet, des femmes clientes d’hommes prostitués, cela enlève pas mal de leurs arguments.
    L’idée malhonnête consiste donc à faire croire que les clients de la prostitution sont exclusivement des hommes.
    J’ai entendu de nombreuses fois : <>.
    Comment peut-on affirmer cela ?

    De même, des chiffres farfelus
    (repris par les uns et les autres) sur le pourcentage des clients reviennent dans divers commentaires.

    Ainsi, 99 % ou 99,4 % des clients seraient de sexe masculin.
    Ces chiffres « bidons » inventés (je peux le prouver) par une association d’obédience catholique  sont honteusement exploités par les abolitionnistes et moralistes de toutes tendances.
    Lors de débats, je ne comprends pas qu’aucun ne demande la provenance de ces chiffres lancés par les abolitionnistes. D’autant qu’il ne peut exister de chiffres fiables en la matière. Et ces derniers sont par nature peu crédibles et invérifiables.

    Mais quelle est l’origine de ces chiffres ?
    Dans une vieille enquête d’un Institut sur la sexualité des français, une question concernait le recours à la prostitution. 0,6 % des femmes ont reconnu être cliente.
    Le Mouvement du Nid a trouvé judicieux de faire le calcul suivant :
    – (100 – 0,6) = 99,4 % d’hommes clients.
    Mais du côté des hommes, 12,5 % ont répondu être client.
    Il y a là manifestement une manipulation. Si j’utilise le même mode de calcul, je peux aussi affirmer que 87,5 % (100 – 12,5) des clients sont des femmes.

    Et même dans cette enquête, le pourcentage des femmes clientes est faussé. Dans un échantillon, la clientèle féminine, sociologiquement différente de celle des hommes (cela a beaucoup changé), est moins représentative. Pour ma part, par expérience, la clientèle féminine d’aujourd »hui se situe  entre 15 et 20 % (ces chiffres ne sont pas très éloignés de la réalité). Sachez qu’il existe aussi une prostitution lesbienne. Comme également des hommes et des femmes se prostituant sans distinction en direction des hommes, des femmes ou des.couples.

    D’autre part, si les associations d’endraide aux prostitué(e)s enquêtent, comme je le pense parce que c’est plus facile, sur la prostitution masculine en se limitant aux seuls lieux fréquentés par les prostitués homosexuels, les clients seront (à quelques exceptions près) des hommes, c’est évident. Mais croyez-vous sincèrement que les hommes se prostituent seulement en direction d’autres hommes ? Cela serait une hérésie de le penser.

    En fait, la (presque) non visibilité de la prostitution masculine destinée aux femmes fausse les données. Il vous faut savoir qu’elle est en grande partie souterraine (bars et brasseries plus ou moins huppés, salons de thé, dancings, petites annonces, internet,…) d’où sa discrétion. Il existe également une prostitution de rue moins importante et plus anonyme.
    Et ne pensez pas que la clientèle féminine est anecdotique comme certain(e)s le font croire. Elle va même s’accroître au fil du temps.
    Mais cette prostitution serait-elle taboue ?

    Par ailleurs, si les pouvoirs publics faisaient face à cette invasion de prostituées étrangères, les prostitutions franco-françaises féminine et masculine seraient sensiblement égales.
    Eradiquer la prostitution des femmes étrangères ? Il n’y a malheureusement pas trente-six solutions. Il faut ‘interdire ni plus ni moins à ces dernières l’exercice de la prostitution.
    Elles sont entrées en France, elles doivent bien pouvoir en ressortir.
    Combattre la prostitution des femmes ? Mais les gouvernements successifs (de droite ou de gauche) sont les premiers proxénètes.
    Pourquoi ne ferment-ils pas les salons de massages, les bars à hôtesses, les sexodromes, etc ?
    En vérité, les propriétaires de ces établissements se sont fait connaître auprès du fisc. Ils rapportentt donc de l’argent à l’Etat.
    Dans le cas contraire, ils sont clandestins et tombent pour proxénétisme. C’est une grande hypocrisie !
    Quant à la pénalisation des client(e)s de la prostitution, dans la mesure où celle-ci n’est pas illégale, c’est juridiquement illogique, l’un ne peut aller sans l’autre.

    Par ce petit exposé, j’ai voulu rétablir certaines réalités et montrer du doigt ceux qui, pour des raisons politiques, morales ou autres, trompent l’opinion en diffusant des informations erronées, mais surtout en disant des contrevérités.

    Maxime

  22. Votre texte est bon Julie, cependant il gagnerait à être plus concis. Prenons par exemple la question de la contrainte. D’abord elle ne concerne évidemment pas 90% des prostituées, mais sans doute 30 ou 40%. Au demeurant peu importe le pourcentage, la question n’est pas là. Est-ce qu’aux siècles passés quelqu’un a jamais proposé d’interdire le métier d’agriculteur sous prétexte que des millions d’esclaves travaillaient dans les champs de coton ? Que je sache on n’a jamais appelé ces esclaves des cultivateurs ? Ainsi il n’existe pas de prostituées forcées : par définition ce sont des esclaves, destinées à tous travaux ( prostitution mais aussi ménage par exemple ) imposés par leurs maîtres. Et bien entendu, de même qu’un bourgeois ne saurait traiter en esclave son employée de maison, personne de doit traiter en esclave celle ( ou celui ) qui vit du plaisir sexuel qu’elle ( ou il ) vend.
    Quant à la contrainte économique, elle ne saurait être assimilée à l’esclavagisme. La fille qui va bosser comme caissière chez Auchan, c’est par vocation ? Non, c’est par contrainte économique. Personne ne propose pourtant d’interdire le métier de caissière ; on peut en revanche proposer d’en améliorer les conditions d’exercice. Il n’y a aucune raison d’agir autrement avec le travail sexuel. Si le sexe est une activité particulière aux yeux de certains, liée à l’amour ou à la famille, libre à eux de ne coucher qu’avec leur conjoint, leur concubin ou leur amant.
    Vous faites à juste titre allusion aux mentalités de dames patronnesses qui ont parfois cours dans votre parti. Voilà une belle franchise Julie. Je m’étouffe moi-même chaque fois que j’en vois dans le fenestron. On touche là un problème fondamental qui est la coupure sociale entre vous, bobos proprets, et le peuple ( cf. la structure sociologique du vote Mélenchon en 2012 ). C’est une évidence concernant la question de l’immigration, mais c’est aussi perceptible, de façon certes plus feutrée, sur la question de la sexualité, et je l’explique de deux façons.
    Premièrement, le vieux fond stalinien puritain. Les dictatures, qu’elles se réclament du communisme ou d’autres idéologies, sont toujours puritaines. Les tyrans n’aiment pas le désordre des sens produit par le libertinage. Il y a 2000 ans déjà, Auguste envoyait Ovide, trop « léger » à son goût en matière de moeurs et de poésie, à l’autre bout de l’Empire. Plus prêt de nous, Daniel Guérin, qui a tant fait pour la pensée révolutionnaire, a eu des difficultés avec le PCF en raison de ses goûts homosexuels, pas encore à la mode. Plus généralement, les staliniens ont une tradition de mépris envers la liberté, l’assimilant trop souvent et trop paresseusement à la liberté du loup dans la bergerie. Bien évidemment, le Front de Gauche n’est pas constitué que de staliniens ; peut-être même ceux-ci sont-ils aujourd’hui minoritaires parmi vous.
    Mais, et c’est là la seconde explication de votre puritanisme, lorsque vous n’êtes pas staliniens, vous êtes généralement des bobos, c’est-à-dire des petits-bourgeois qui ne connaissent rien de la vie mais n’en estiment pas moins être en droit de juger de tout et de tous selon leurs petits présupposés moralisateurs. Mais qui êtes-vous pour décider de ce qu’est la « dignité » d’une femme ( ou d’un homme ) ? Qui êtes-vous pour décider qu’elle se place au niveau du cul ? En ce sens Clémentine Autain est une dame patronnesse, c’est-à-dire une bourgeoise hypocrite. Le mépris de classe est ici évident, même si n’est pas énoncé. En effet, Autain a peut-être critiqué Rachida Dati, mais sûrement jamais en disant :  » Tout le monde sait par quels moyens vous êtes arrivée au somment de l’Etat « . De même qu’elle n’a jamais accusé tel ou tel politicien de coucher avec telle ou telle courtisane intéressée. La putainerie de l’oligarchie va de soi, bien qu’elle soit lourde de conséquences pourtant. En revanche, qu’une pauvresse vende un peu de plaisir à un prolo, et voilà Autain hautaine : là elle s’estime le droit d’intervenir, y compris par la loi. Je parle d’Autain parce que c’est l’un des rares noms qui me vienne à l’esprit, mais je me doute qu’ils sont nombreux comme elle dans votre parti, hélas.

  23. Ping : Prostitution : combattre l’abolition fragilise la lutte contre le patriarcat ! | L'Art et La Manière

  24. j’apprécie beaucoup votre ouverture d’esprit et votre disponibilité au débat. Pour aller plus loin je rappelle que j’ai créé http://scoop.it/u/fee-ministe : + de 1 000 liens sur la #prostitution (études, articles, documents) classés en 15 dossiers MAJ tous les jours, notamment sur les enjeux philosophiques juridiques et sociétaux chaque argument peut être affiné ici : http://www.scoop.it/t/prostitution-enjeux-politiques-et-societaux-french-and-english avec notamment des réponses au Planning Familial et autres.

  25. Bonjour

    il y a un souci de fond dans votre article
    vous confondez la notion d’abolitionnisme et de prohibitionnisme

    dans l’abolition, en aucun cas la personne prostituée est considérée comme coupable
    dans l’abolition, la prostitution est autorisée
    c’est le proxénétisme qui est réprimée
    et avec la proposition de loi du gouvernement, on se tournerait vers un néo abolitionnisme, régime mis en place en suède, en Norvège etc… qui préconise la pénalisation du client
    attention, il ne s’agit pas ici de stigmatiser le client
    il lui est proposé un stage de sensibilisation afin de déconstruire ses représentations sur la prostitution, si il refuse alors il écope d’une amende ou d’une peine
    et la majorité des clients affirment ne plus y retourner après avoir déconstruit ces clichés que tout le monde a
    de plus pénaliser le client c’est porter un projet de société qui stipule que personne ne peut acheter le corps de l’autre, que le corps n’est pas marchandable

    l’abolition ça n’est pas l’abolition de la prostitution, mais L ABOLITION DE LA REGLEMENTATION DE LA PROSTITUTION
    nuance donc
    et en France, la prostituée tombe sous le coup du délit de racolage (assimilé à un régime prohibitionnisme car pénalise la personne prostituée)
    et de plus elle paye des impôts, des amendes

    et dans le prohibitionnisme (régime mis en place aux etats unis, dans certains pays arabes), la prostituée, le client et le proxénète sont considérés comme coupable en effet, ce qui favorise l’illégalité et ancre dans la précarité

    mais cela n’a rien a voir avec l’abolitionnisme qui considère la personne prostituée comme une victime
    donc un état abolitionniste est dans l’obligation d’accompagner ces personnes dans leur démarche de réinsertion, de faciliter l’alternative à la prostitution, évidemment selon leur demande, rien n’est imposé, et la prévention du risque prostitutionnel est une mission d’un etat abolitionniste
    mais l’état abolitionniste doit être un soutien à la personne prostituée et en aucun cas un ennemi de la personne comme vous le laissez sous entendre en assimilant prohibitionnisme et abolitionnisme

    de plus je vois beaucoup de débats autour des chiffres
    mais les chiffres sont les chiffres, et il faut les intégrer, les analyser et arrêter de pinailler ou de les récuser afin de valider ses thèses personnelles

    en France, 80% de la prostitution est étrangère, donc issue de la traite des êtres humains qui je vous le rappelle est un crime reconnu internationalement et pénalisé partout
    dans les 20% restant de prostitution dites franco-française, plus de 80% des personnes ont subi des violences sexuelles étant enfant
    chiffres tirés d’une étude de l’état Français commandée en 2011, et donc qui peuvent être sous évalués
    la notion de choix est donc toute relative
    l’âge d’entrée moyen en france dans la prostitution est de 14ans?
    peut on parler de métier? de vocation?

    a bientot
    cordialement
    Ibtissem

    • Bonjour,
      Merci pour vos remarques.
      Après avoir reçu de nombreux commentaires, ici et sur les réseaux sociaux, je me rends compte de certaines erreurs, imprécisions, etc…
      Je suis en période de révisions pour les examens de fin d’année, mais une fois qu’ils seront passés, je retravaillerai sur cet article, de façons plus détaillée et réfléchie.
      Bonne journée, cordialement,
      Julie.

  26. Personnellement, je ne peux pas me résoudre à accepter la situation telle qu’elle est.
    Je suis intimement persuadée que la vaste majorité des femmes qui se prostituent y sont obligées, soit par la violence (ce qui est le plus souvent le cas avec les prostituées venues de l’étranger qui sont de loin les plus nombreuses en France) soit économiquement (et ce qui peut apparaitre comme un « choix » ne se fait jamais sans de grands dégâts psychologiques), les hommes aussi d’ailleurs même si la pratique est fortement féminisée.

    Le terme « abolition » est parfaitement incongru ; le meurtre, l’inceste, le viol sont-ils ABOLIS ?

    Ce n’est pas la prostitution qu’il faut tenter d’éradiquer, c’est la mise en place des réseaux et sont usage.
    Ce sont les personnes qui proposent de l’argent à un individu pour une relation sexuelle éphémère qui sont, pour moi, coupables et doivent être punies pas la loi.
    Ce ne sont pas les victimes, les prostitués (ées), qu’il faut poursuivre, mais bien les coupables (y compris bien entendu les réseaux mafieux en amont). Les victimes doivent être au contraire aidées par la société.

    Chaque chose étant proportionnée, il ne s’agit pas que les peines encourues soient aussi fortes que pour un meurtre, un inceste ou un viol (les peines pour ces différents types de délits sont d’ailleurs échelonnées), mais la loi doit sanctionner l’esclavage sexuel qu’est l’usage de la prostitution. Il en va de l’honneur de notre civilisation.

  27. Commençons peut être par régler le problème de la misère ou détresse sociale et enfin, ensuite ce « plus vieux métier au monde » après la connerie et la guerre pourrait exister dans une parfaite osmose… Les personnes vendant leur corps pourrait le faire parce qu’elles l’ont choisi et non par nécessité de survie..

    • On est bien d’accord.
      Je ne suis pas pour la prostitution lorsqu’elle est pratiquée par contrainte financière (et encore moins lorsqu’elle est forcée). En revanche, si certaines personnes le choisissent vraiment, alors pourquoi les en interdire ?

      • L’abolition n’a pas pour objet d’interdire quoi que ce soit aux femmes. La permission sociale obligatoirement fait croire à l’illusion du choix.

        Lorsque lorsqu’elles sont prostituées de force, cela est bien plus que de la prostitution, cela s’appelle la traite car le proxénétisme étant interdit en France.
        Mais une fois le maquereau coincé, les souris ne dansent pas plus car elles ont été mises sur des rails où elles restent elles menottées.

        Son but majeur consiste à détruire toutes les circonstances favorisant ce servage sexuel féminicide et permettre aux jeunes filles et femmes de choisir autre chose, d’avoir une réelle alternative. Et de rafler ainsi un des joyaux de la patriarchie qui s’en trouvera fort dépourvue et donc affaiblie.

  28. « Pourquoi les en interdire ? »
    En voila une question qu’elle est bonne !
    Pour introduire ma réponse à la gabegie neutre complètement libérale insue de cet article, voir la vidéo de Michéa sur le sujet :

    L’argument Pierre Bergé sur la location du sexe comme totalement équivalente à la location de sa force de travail, physique ou mental est l’apothéose de ce vide conceptuel libéral. Il faut bien entendu avoir bazardé l’intégralité de la pensée de l’aliénation au capitalisme par le travail salarié pour en arriver à cette conclusion que la prostitution peut être un travail comme un autre. Si c’est un travail comme un autre, le proposeras tu en métier à tes enfants quand ils se poseront des questions sur leur avenir ?

    La misère sexuelle et avant tout affective que tu pointes, doit-elle se résoudre avec un travail salarié ? Est-ce émancipateur en quoique ce soit pour les parties en présence. Le rapport à la prostitution dit notre mal-être sur la question sexuelle des moeurs, et ce n’est pas en contournant méticuleusement cette question avec des arguments libéraux qu’on va y arriver. Si tu demandes à des paysans, des artisans, des ouvriers ou des petits patrons (le peuple quoi) si ils conseilleraient à leurs enfants de faire ce métier, juste pour rire? Et quoi, ils n’auraient pas compris la liberté ? C’est émancipant de baiser pour de l’argent ? C’est sain de privatiser une partie du corps aussi sacrée et profane à la fois ? Tu ne crois pas que les gens qui payent pour ça préféreraient avoir une sexualité gratuite (et je ne parle pas d’esclave sexuelle à disposition) et moins de sclérose dans la rencontre avec l’autre ? Ça vaudrait pas le coup de comprendre pourquoi les sites de rencontre pètent le feu quand on ne s’est jamais autant méfié les uns des autres pour ce qui est du sexe ?

    Au moins c’est clair, pour un parti qui se prétend contre le libéralisme, le FdG abrite en son sein des gens qui pourtant sont pleinement dans le libéralisme philosophique le plus vaseux.

  29. Quel raisonnement libéral, rien n’est pris en compte (contexte, inégalité, culture, témoignages, violence etc) tout pour la thune et surtout rien pour faire pression pour d’autres emplois. Et bien évidemment le fameux amalgame « abolitionnisme=prohibitionnisme ». Très décevant, heureusement que contre la pénalisation il y a des textes plus honnêtes et justes.

  30. Je suis tout-à-fait d’accord avec toi Julie, pour parler de la prostitution, c’est comme le reste, il faut partir du réel, c-à-d des conditions de travail des prostitué(e)s, et non de considérations morales dignes de l’ère victorienne… Les gens qui prônent l’interdiction ne pensent pas 1) aux prostitué(e)s qui choisissent ce métier et 2) aux conséquences pratiques de ces lois sur les travailleurs/travailleuses. La répression engendre plus de précarité et d’insécurité pour elles/eux.
    Je pense vraiment que le meilleur moyen de lutter contre le proxénétisme et le trafic, c’est de poursuivre les efforts du FdG sur les questions sociales, de combattre le capitalisme: si les prostitué(e)s qui exercent ce métier sous la contrainte ont le CHOIX de pouvoir exercer un autre métier, de pouvoir vivre une autre vie, la question se résoudra d’elle-même.
    Arthur, sympathisant PG/FdG

    • Pourquoi parlez-vous à la place des abolitionnistes car il n’y a rien de puritain dans le souci de l’égalité des droits des citoyennes… Et vous vous trompez de date, il s’agit de, au moins, de partir de la décapitation par guillotine d’Olympe de Gouge (courtisane) et de la mort en asile de Théroigne de Méricourt… Le XVIIIe donc qui commence à exiger de nous voir recouvrer nos droits politiques, notre voix de sujet politique-

      L’abolitionnisme a pour objectif de permettre à nos filles de ne pas choisir la prostitution qui sert l’amicale proxène depuis bien trop longtemps et les privilèges des seigneurs phallocrates au passage… L’excuse du misérabilisme, de la pathologie ou de la pruderie des épouses n’est plus crédible- http://susaufeminicides.blogspot.fr/2013/11/amicale-proxene-et-feminicides.html

      • Parfaitement Christine !
        Ceux qui veulent défendre leur droit d’acheter de la prostitution traitent facilement les autres de puritains ou bien de tenants de l’ordre moral, etc…

        C’est bien au contraire, la société patriarcale et traditionnelle, opposée à l’homosexualité, à l’adultère et à la liberté sexuelle en général, qui est POUR la prostitution car elle fait partie du même système.

        Quand le bourgeois se lasse de l’amour papa-maman bien rangé le samedi soir, il va se soulager en achetant le corps d’une autre, loin de lui socialement, dont il accepte la présence dans la société à condition que ce ne soit ni sa femme, ni sa fille, ni sa mère ni sa sœur qui fasse ce « métier » et madame ferme les yeux car elle sait que les ébats de son mari sont sans conséquences pour son confort matériel. Et ainsi les choses restent bien en place.

        Au contraire, dans le monde rêvé des progressistes, les mœurs sont bien plus libres, plus de frustrations insolubles, donc la prostitution n’y a plus sa place, car le sexe pour être vraiment libre, doit être libre de tout marchandage.

        Vive le sexe libre et gratuit.

  31. J’aime bien votre article, par contre, évoquer la misère sexuelle de certains pour lutter contre les lois anti-prostitution, c’est vraiment très peu judicieux.
    En tant que prostituée, je me fiche totalement de la misère sexuelle de mes clients. Se soucient-ils, eux, de la mienne ? Et les hommes en général, si prompts à se plaindre de la leur, se soucient-ils de celle de leurs compagnes ? Combien de femmes vivent une misère sexuelle à force de rapports qu’elles subissent ?
    Non franchement, on peut être anti-prohibitionnisme sans en passer par là, car s’apitoyer sur ces pauvres hommes qui ne peuvent pas coucher, c’est tout sauf féministe, à mon humble avis.

    Assimiler prostitution et viol au sens pénal, c’est effectivement problématique.
    Maintenant, il ne faut pas se leurrer. De nombreux rapports sexuels vécus dans le cadre de la prostitution sont vécus comme des viols. Mais cela ne discrédite pas la volonté de légiférer en faveur des prostituées, à mon sens. Oui certaines de mes passes se passent mal pour moi, je n’y prends pas toujours du plaisir et/ou le client ne respecte pas toujours mes limites.

    Non la prostitution n’est pas un travail comme un autre, dire cela c’est faire violence aux personnes qui font des boulot de merde pour trois clopinettes. On pourrait leur rétorquer qu’ils n’ont qu’à aller vendre leurs faveurs sexuelles.

    Ce qui n’empêche que certaines d’entre nous font tout de même ce choix. Parce qu’on peut trouver plus facile d’encaisser des passes que de courber le dos devant un patron, parce qu’on peut ne pas avoir de papiers et donc ne pas pouvoir bosser dans le circuit normal, parce que y a trop de chômage, parce que c’est excitant, parce que ça paie mieux que n’importe quel autre boulot, etc, etc…

    Aucune de ces causes ne peut être solutionnée par l’interdiction de la prostitution, croire cela c’est faire preuve de mauvaise foi, ou ne pas réfléchir très loin.

    Personnellement, je préfèrerais une société où l’on a pas besoin d’aller se salarier pour vivre décemment, où il n’y a ni chef ni gouvernement, ni paperasse à remplir, et surtout, surtout, plus de patriarcat. Mais en attendant, je pense qu’il est moins criminel de reconnaître des droits aux prostituées plutôt que de continuer à les stigmatiser.

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